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Sainte Barbe

Parmi les traditions du temps calendal qui débute le dimanche de l'Avent, c'est le 4 décembre que l'on honore Sainte Barbe. Mais qui était-elle ?

Le 4 décembre, sont fêtées les « Barbara » mais ce ne fut pas toujours le cas

En effet, jusqu’en 1969 et la modification apportée par l’Église, c’étaient les « Barbe » qui étaient honorées… C’est la raison pour laquelle cette date reste attachée à la « Sainte Barbe », l’un des temps forts de nos traditions de Noël en Provence, et l’une de celles qui reste parmi les plus ancrées dans le cérémonial qui débute le dimanche de l’Avent ; cette année le dimanche 27 novembre, pour se terminer à la Chandeleur soit le jeudi 2 février 2023…

Une tradition qui trouve ses sources dans l’Antiquité

Il était alors d’usage de planter du blé, symbole de fécondité, pour s’assurer que la récolte serait abondante, car le blé, en germant et en poussant correctement à l’approche de l’hiver, permettait d’envisager les moissons, et donc l’année, sous les meilleurs auspices… Nos traditions provençales se sont appuyées sur cette pratique pour l’intégrer dans le temps calendal, car c’est de facto la prospérité de la famille, qui se trouvait assurée si blé germait à Noël de façon robuste et fournie…

L’un des adages provençaux l’illustre ainsi :
« Quand lou blad vèn bèn, Tout vèn bèn »

Ce qui traduit généralement ainsi :
« Blé bien germé, c’est la prospérité pour toute l’année. »

Nombreuses et nombreux sont donc celles et ceux qui en ce jour de Sainte Barbe, c’est-à-dire 20 jours avant Noël, veillent à respecter cette tradition dite des trois « Siétouns » (ou trois soucoupes en français), consistant à planter des grains de blé sur un lit de coton dans trois coupelles, puis de les arroser régulièrement jusqu’à ce qu’ils germent et que les tiges de blé s’élèvent fermement …

Souvenirs d’enfance

Les plus anciens, comme moi, se souviennent certainement de ces soucoupes qui ornaient d’abord nos cheminées, puis qui étaient déposées sur la table du « Gros Souper » avec des rubans jaunes et rouges lors de la Veillée et du Réveillon de Noël, avant d’être placées dans la crèche pour « égayer » les paysages jusqu’à la Chandeleur… Pour en attester, je vous joins en annexe, deux photos prises chez mes parents au soir de Noël, où après avoir réveillonné, l’un des « Seitouns » avait été placé dans la toute petite et très modeste crèche, souvenir d’un voyage en Palestine il y a de nombreuses années…

Une sainte patronne qui détonne

N’oublions pas non plus, que « Sainte Barbe » est la patronne de « tout ce qui brûle, éclate, fulgure et détonne » en lien avec la légende qui veut que son père, un roi païen au 3e siècle, aurait été foudroyé par un éclair, après avoir décapité publiquement sa fille qui refusait de renier sa foi, et ce après lui avoir fait subir les pires punitions, sévices et tortures C’est la raison pour laquelle, le feu ayant vengé le martyre de Sainte Barbe, les pompiers, mineurs, artilleurs, des polytechniciens ou autres pyrotechniciens, l’ont choisie comme patronne et organisent à cette date de nombreuses manifestations… Pour la petite Histoire, il faut savoir que lors du percement du tunnel sous la Manche, la seule date qui avait été chômée chaque année, était le 4 décembre, en référence à la Patronne des Mineurs…

Quelques précisions

« Sortir les « Sietouns » pour la Sainte Barbe, mais ne planter le blé qu’une semaine plus tard, car les températures de nos pièces aujourd’hui, n’ont rien à voir avec celles de nos ancêtres ! »

Le blé de la Sainte Barbe est vendu au profit d’associations caritatives.

Textes et photos de Jean-Pierre Serra

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