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La Gazette de Passadoc – N° 98

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  • On raconte un peu, beaucoup, passionnément !… Malpasset… Le puits… La socca !… Grâce à Passadoc, je cherche et je retrouve de vieilles photos !…Tout pot trouve son couvercle… Après la rupture…La légende de la princesse Barbe des Eaux… À la Sainte-Barbe…
  • Du côté de Abbe.PhotoUn mondial vraiment mondial !…
  • La bibliothèque de Passadoc

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André Abbe

Malpasset

Novembre 1959, des pluies diluviennes s’abattent sur la région, à la suite de quoi le Reyran, torrent d’ordinaire paisible qui alimente le barrage connaît une crue très violente.

Le niveau de la retenue monte alors très rapidement de 4 m en une journée. Il faudrait donc ouvrir la vanne de vidange pour faire baisser le niveau d’eau, mais à 1 km en aval se trouve le chantier de construction du pont sur le Reyran de l’autoroute Esterel-Côte-d’Azur. Seulement, le déversement de l’eau stoppera le chantier et risque même d’endommager l’ouvrage en construction. Il est donc décidé de ne pas ouvrir la vanne.

André Ferro, gardien du barrage, ne reçoit l’ordre d’ouvrir que le 2 décembre à 18 h, alors que l’eau est prête à déborder mais il est trop tard : le barrage cède à 21 h 13, libérant 50 millions de mètres cubes d’eau qui déferlent en une vague de 30 m de haut dans la vallée à 70 km/h emportant tout sur son passage. Le pont de l’autoroute est emporté comme un fétu de paille, les ouvriers travaillant sur le chantier sont tués prisonniers de leurs baraquements.
À 21 h 20, la vague atteint la vallée agricole et détruit la cinquantaine de fermes de la vallée dont les occupants sont tués.

Un grondement se fait entendre à Fréjus où la vague arrive encore haute de 10 mètres. Elle contourne les arènes protégées par la colline, emporte la voie ferrée entraînant l’autorail Marseille-Nice et entre en ville par l’avenue de Verdun dont les habitants tentent de se réfugier dans les étages ou sur les toits. La vague encore haute de 2 m se jette à la mer à la base aéronavale, poussant devant elle les décombres de Fréjus meurtri et ses habitants qui n’ont pas pu y échapper.

On dénombrera 423 morts et des dégâts matériels considérables : routes, voies ferrées, fermes, immeubles détruits.

Texte Claude Boyer

Clic !… André Abbe raconte

Le 2 décembre 1959, quand Malpasset est arrivé, j’étais pensionnaire au lycée de Boulouris, près de Saint-Raphaël et parmi les pensionnaires qui étaient avec moi, il y en avait un qui était de Fréjus et qui m’avait dit :
Les gens ont peur qu’un beau jour ce barrage casse.

Et c’est arrivé.
Nous avons appris le lendemain matin qu’il y avait eu ce drame et les parents sont venus nous chercher et le lycée n’a ré-ouvert qu’en janvier 1960.
Moi je dis que ce barrage on n’aurait pas dû le faire là, et je ne suis pas le seul à le dire, car la roche n’est pas assez solide et c’est une responsabilité des hommes, ce n’est pas une fatalité. La fatalité je n’y crois p
as.

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Le puits…

Le puits de ce cliché daté des années 70, a maintenant disparu.

J’avais planté de l’alicante car il fallait donner de la couleur aux vins rouges de la Coopérative.
Les vignes ont disparu ainsi que le puits, j’y tenais pourtant à ce puits. Je l’avais curé vers 1980 et y avais trouvé une bouteille de vin dans la vase du fond.
Un ouvrier, 50 ans plus tôt, l’avait pendue au bout d’une ficelle pour garder ce vin au frais et la ficelle s’était cassée.
Mon père savait que cette bouteille nous attendait ; nous l’avons bue ensemble. Le vin était encore bon.

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Jeanne Monin – Petite histoire entendue un soir d’été, sous l’olivier

On l’appelait l’Italien… peut-être parce qu’il venait d’un hameau situé à l’est de Sospel, tout près de la frontière et qu’il avait l’œil sombre et les cheveux plus noirs que ceux d’un calabrais… Il suivait la côte, s’arrêtait le temps d’un chantier et repartait…

Il était arrivé à la bastide un lundi soir ; un topez-là avait servi de contrat et tôt le lendemain, il rejoignit l’équipe de maçons qui redressaient les murs de la vieille grange.
Il ne se racontait guère ; on savait juste qu’il avait femme et parents dans son village. De temps en temps, il recevait une lettre… quelques mots sur un feuillet jauni.

Un jour encore et le chantier s’achèverait ; il arriva le matin rayonnant de bonheur, une bouteille de vin à la main :
– Je suis Papa d’une petite Émilia !
– On est content pour toi mon garçon ! On la boira demain avec l’équipe, déclara le patron qui d’autorité mit la bouteille à rafraîchir dans le puits.

À la tombée de la nuit, en sortant de chez Fernand, le bar-tabac de la petite place, l’Italien fut happé, tué sur le coup par un chauffard qui prit la fuite.
– Maintenant, plus question de fête…
Un compagnon trancha la ficelle… la bouteille disparut lentement dans l’eau du puits.

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La socca ! Et si nous parlions un peu cuisine…

Marchande de socca à Nice vers 1900

Quelle superbe carte postale ancienne ! Tout y est : la vendeuse avec son plat à socca, le jeune garçon en béret, la Baie des Anges, la Promenade des Anglais avec la Jetée Promenade et ses palmiers…

Ce n’est certes pas un plat gastronomique, on ne le trouvera pas sur les grandes tables mais il est à Nice ce que la bouillabaisse est à Marseille ou le cassoulet à Castelnaudary : un incontournable.
Si vous ne l’avez jamais fait allez vous balader dans le vieux Nice, du côté du cours Saleya et offrez-vous une part de socca que vous dégusterez en flânant dans les vieilles ruelles.

Et après tout, pourquoi ne vous essaieriez vous pas à en préparer vous même ?
Mais attention, ça a l’air simple comme ça, mais il y a un ingrédient que vous ne trouverez dans aucun commerce : le gaùbi !….(prononcez gaoubi)
Avoir le gaùbi, c’est avoir le tour de main, le petit plus nécessaire et ce dans n’importe quelle activité, pas seulement la cuisine.

Pour faire la socca, il vous faudra :

  • 200 g de farine de pois chiches
  • 500 ml d’eau
  • sel
  • poivre
  • huile d’olive

Recette :
• Dans un saladier, mettre l’eau et délayer la farine de pois chiches
• Saler, poivrer et ajouter deux cuillères à soupe d’huile d’olive
• Mélanger vivement pour obtenir la bonne consistance
• Mettre la pâte à cuire
• Retirer quand l’aspect est bien doré
Bon appétit !

À Toulon, vous trouverez la cade qui est… exactement la même chose que la socca. L’histoire dit que la cade serait arrivée à Toulon au XIXe siècle avec les charpentiers génois que Napoléon aurait appelés pour venir réparer des bateaux endommagés. Les ouvriers de Toulon l’ont tellement aimée qu’ils criaient :
Caldo ! caldo ! (chaud en italien).
Le mot “caldo” est devenu ensuite “cade”

Marie-Dominique Germain
– La cade n’est pas exactement la même chose que la socca. La farine est bouillie puis refroidie dans une assiette. Le lendemain, elle est ensuite coupée puis ensuite frite à la poêle.

Bastèt Athéna
– La socca ne se retourne pas, elle doit cuire en quelques minutes sur une seule face.

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Grâce à Passadoc, je cherche et je retrouve de vieilles photos !

En mai 1989, je me trouvais sur l’île de Saint-Honnorat, près de Cannes et surprise, j’avais vu le galion du film Pirates [film franco-tunisien de Roman Polanski – 1986] apparaitre derrière le vieux monastère et s’éloigner.

Pendant plusieurs années, l’imitation d’un galion de pirates ayant servi dans le film de Polanski, présenté hors concours au Festival de Cannes de 1986, est resté à quai dans le port de Cannes. Des sorties étaient organisées pour les touristes.

Je n’ai pas été enthousiasmé par ce film. Pour moi, le plus beau film sur ce sujet est La Flibustière des Antilles (1951). 70 ans déjà ! La belle Jean Peters (prénom féminin aux USA) jouait le rôle d’Anne Providence, la flibustière.
Que trouve Anne dans la cale d’un bateau qu’elle a arraisonné ?Le beau Pierre François La Rochelle, prisonnier des méchants, rôle joué par Louis Jourdan.

Une occasion pour moi de rendre hommage au marseillais Louis Jourdan (né Louis Gendre), le 19 juin 1921. Après des débuts prometteurs, il refuse de jouer pour les Allemands et entre dans la Résistance. Il a fait ensuite l’essentiel de sa carrière aux États-Unis où il a joué des rôles de “french lover” sans jamais tomber dans le mièvre ou le ridicule. Il est mort en Californie en 2015.

Qui se souvient de Louis Jourdan aujourd’hui ? Un oubli bien injuste.

Giselle Penat-Laborde
Louis Jourdan, le dernier french lover d’Hollywood… Impossible de l’oublier !

Fan de vieux films, j’en ai revu quelques-uns avec Louis Jourdan, il n’y a pas si longtemps. Certainement sur Arte ou autre chaîne spécialisée dans les rediffusions de ces bons vieux films (années 30 – 40 – 50 – 60 …) , souvent même encore en noir et blanc.

Dans les années 60, il joua le Comte de Monte-Cristo dans le film de Claude Autant-Lara, film vu la première fois au Vox de Fréjus dans mes très jeunes années et revu X fois par la suite.
On le retrouve auprès de Gina Lollobrigida, dans Les Sultans de Jean Delannoy,
Autant que je me souvienne, il fit aussi quelques apparitions dans des séries TV US comme Columbo, Drôles de Dames. Plus récemment, dans les années 80, il joua le rôle du méchant Kamal Khan dans Octopussy – James Bond.

Oui, il fit une belle carrière aux USA, où il était considéré comme une véritable star, beaucoup plus qu’en France d’ailleurs. Je crois qu’il a une ou deux étoiles sur le fameux Walk of Fame d’Hollywood Boulevard.

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Tout pot trouve son couvercle

En voyant à la télé un reportage sur un mariage princier unissant un héritier du trône d’Angleterre et une roturière américaine et divorcée, je pensais à un dicton de mon village que je n’ai plus entendu prononcer depuis au moins 30 ans : “Cada topin trova sa cabucella”.

Je ne sais pas trop comment traduire topin (toupin), c’est un pot de terre qu’on remplissait d’eau et qu’on mettait à chauffer sur la plaque de la cheminée. La cabucella et le cabucèu, pas de problème, ce sont les couvercles.

Tout pot trouve son couvercle”… Ça veut dire qu’à chacun correspond une chacune et inversement, et selon ses choix, à chacun sa chacune, à chacune son chacun… il y a quelque part quelqu’un qui est fait pour nous.

Ce que ma mère ignorait quand elle employait ce dicton, c’est qu’avec internet les toupins et les cabucelles multiplient les chances de constater l’étanchéité de leur rencontre.
Traiter quelqu’un de toupin, dans mon coin du Var, n’était pas très flatteur, l’équivalent de balourd ou bien d’une personne bien portante ; on dira qu’elle est “ronde comme un toupin”

Enfin, sans son toupin rempli d’eau bouillante, notre vieille voisine de la rue du Galinier, n’aurait jamais pu me lever le soleil quand j’étais enfant. Elle m’avait guéri instantanément d’une insolation.

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Traduction en Provençal de l’article ci-dessus.
Cada topin trova sa cabucella

En vesènt i a gaire a la telé un maridagi princier unissènt un eiretier au quatrième rèng dau tròne d’Englatèrra em’una plebeiana americana e mai divorçada, pensavi a una dicha de mon vilagi qu’ai plus entendut citar despuei au mens trenta ans : « Cada topin tròva sa cabucèla ». Lo topin es un pòt de tèrra que s’emplissié d’aiga e que si metié a caufar sus la placa de la chaminèia.

La dicha vòu dire qu’a cadun responde una caduna e au rebos, o, segon lei chausidas, a cadun un cadun, a caduna una caduna… I a en quauque endrech quauqu’un qu’es fach pèr nautrei. Ce que ma maire sabié pas en emplegant aquela dicha, es qu’emé internet lei topins e lei cabucèlas multiplicon lei chanças de tocar dau det l’impermeabilitat de son rescòntre.

Tratar quauqu’un de topin, dins mon canton dau Var, èra gaire flatier, l’equivalent de palòt, motut, estaci. Enfin, sènsa son topin d’aiga bolhènta, nòstra vièlha vesina de la carriera dau Galinier aurié jamai poscut mi levar lo solèu quand èri pichon. M’avié garit subran d’una insolacien.

Revirada d’Alan BartomieuTraduction d’Alain Barthelemy

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Claude Boyer

Après la rupture

Malpasset, 3 décembre 1959.
Un hélicoptère approche prudemment de la toiture de la ferme sur laquelle sont réfugiés ses occupants ; il est piloté par René Blazy.
Tous les Fréjussiens connaissent la rue du capitaine René Blazy située sous la gare de Fréjus. Mais combien savent pourquoi une rue de leur ville porte ce nom ?

Ce trentenaire vole au secours de victimes du barrage de Malpasset, il y laissera la vie. Voici résumée en quelques mots la courte et riche vie de cet Ariégeois, de l’Indochine à son triste destin dans le Var en 1959.

Voici plus de douze heures qu’ils attendent sur le toit, transis de froid en cette journée de décembre, n’ayant rien pu emporter avec eux quand, la veille au soir, ils sont surpris par l’arrivée de l’eau du barrage qui vient de céder…

Le pilote place l’appareil à toucher le toit tandis que, juché sur le patin droit le lieutenant René Blazy pose le pied sur les tuiles afin de descendre pour porter assistance aux sinistrés mais une tuile cède sous son poids, il perd l’équilibre et c’est le drame.
Le rotor vient le heurter à la tête, il meurt sur le coup sous les yeux horrifiés du pilote et des victimes de l’inondation.

René Blazy en 4 lieux : Ariège, Indochine, Algérie et Provence
Né en juillet 1925 à Foix dans l’Ariège, René Blazy rejoint la gendarmerie en 1946. Il fait ses débuts dans la garde républicaine avant de rejoindre l’Indochine en 1949 où il s’illustre lors de l’attaque de Xom Nghe en décembre de la même année, ce qui lui vaut le grade de maréchal des logis-chef.

Il revient en France en 1951 où il intègre l’EOGN (Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale) dont il sort major de sa promotion au grade de sous-lieutenant. Commandant ensuite la section des hélicoptères de la gendarmerie à Berre, il se retrouve détaché au gouvernement provisoire d’Alger en janvier 1959. Ensuite il rentre en France et le 2 décembre suivant, il est engagé avec ses hommes au sauvetage par hélitreuillage lors de la catastrophe de Malpasset.

À titre posthume, il est promu au grade de Capitaine, Chevalier de la Légion d’Honneur, décoré de la Croix de guerre des TOE (Théâtre d’opérations extérieures) ainsi que de la Croix de la Valeur Militaire, de la Croix du combattant et de la médaille coloniale.
Le Capitaine Blazy donne son nom à la 64e promotion de l’EOGN (École des Officiers de la Gendarmerie Nationale) ainsi qu’à une rue de Fréjus.

Texte et photo : Claude Boyer

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Photos Passadoc

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La légende de la princesse Barbe des Baux

La princesse Barbe vient d’atteindre sa vingtième année. Les plus nobles seigneurs ont déjà demandé sa main mais c’est à son cousin le seigneur Guilhem d’Estoc de la cité d’Aix que ses parents l’accordent à la condition qu’il attende les épousailles trois ans.
Guilhem, doué du génie poétique autant qu’un maître troubadour, trompe les longueurs de l’attente, en chantant les vertus et les charmes de sa fiancée.

La troisième année touchant à sa fin, Guilhem part d’Aix avec ses parents et vient au château des Baux demander la main de sa promise.
Le pont levis franchi, il aperçoit la mère de Barbe, pâle et triste, cherchant à retenir ses sanglots. On lui explique qu’atteinte d’une fièvre maligne, Barbe se débat dans le délire puis qu’elle retombe ensuite sur sa couche, et de ses lèvres rigides on l’entend murmurer le nom aimé de Guilhem. Comme si elle avait attendu l’arrivée de son fiancé, subitement elle se tait, elle ne s’agite plus, une pâleur livide s’étend sur son visage, la jeune fille est morte.

Des cris désolés emplissent alors la chambre, et la mère de Barbe se jette lamentable sur le corps de son enfant… Guilhem qui s’est agenouillé près de la couche ne dit mot, se lève, porte à ses lèvres la main qu’il a dotée de l’anneau des fiançailles, jette un long regard sur le cadavre puis s’affaisse, la douleur l’a tué.
On décide qu’ils seront ensevelis dans le même caveau.

Lors des obsèques, lorsque les psaumes ont cessé, on descend les degrés du caveau seigneurial à la lueur des torches. Au moment où le cercueil va s’aligner à côté du celui de Guilhem, avant que le couvercle ne se referme, le cadavre de Barbe semble remuer, il ouvre les yeux, Barbe vit encore. On tire la moribonde de son cercueil, et on la rapporte sur son lit encore couvert de roses et de lis.
On n’ose se bercer de trop d’espérance, mais une semaine après, on se décide à sceller la porte du caveau. Barbe est guérie.

Ses premières questions sont pour Guilhem d’Estoc, et on doit l’instruire avec ménagement de la mort émouvante de son fiancé. À cette nouvelle, Barbe forte et calme, déclare qu’elle n’appartient désormais qu’à Dieu. Un mois après, dans la ville natale de Guilhem, les religieuses de Notre-Dame de Nazareth l’admettent au nombre de leurs sœurs.

Du cloître elle ne sort que morte bien des années plus tard. On porte alors son corps dans la crypte funéraire du château des Baux, et, d’après le désir qu’elle a souvent exprimé, on la dépose à la même place qu’elle a occupée une fois déjà, à côté du cercueil de son fiancé.

Texte : Claude Boyer d’après la légende écrite par l’abbé L.PauletPhotos : André Abbe


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Jean-Pierre Serra

À la Sainte-Barbe

Le 4 décembre, sont fêtées les “Barbara”, ce qui ne fut pas toujours le cas, car jusqu’en 1969 et la modification apportée par l’Église, c’était les “Barbe” qui étaient honorées …
C’est la raison pour laquelle cette date reste attachée à la “Sainte Barbe”, l’un des temps forts de nos traditions de Noël en Provence, et l’une de celles qui restent parmi les plus ancrées dans le cérémonial qui débute le dimanche de l’Avent ; cette année le dimanche 27 novembre, pour se terminer à la Chandeleur soit le jeudi 2 février 2023 …

Dès l’Antiquité, il était d’usage de planter du blé, symbole de fécondité, pour s’assurer que la récolte serait abondante, car le blé, en germant et en poussant correctement à l’approche de l’hiver, permettait d’envisager les moissons, et donc l’année, sous les meilleurs auspices…

Nos traditions provençales se sont appuyées sur cette pratique pour l’intégrer dans le temps calendal, car c’est de facto la prospérité de la famille qui se trouvait assurée si blé germait à Noël de façon robuste et fournie…

L’un des adages provençaux l’illustre ainsi :
Quand lou blad vèn bèn, Tout vèn bèn.
Ce qui traduit généralement ainsi :
Blé bien germé, c’est la prospérité pour toute l’année. »

Nombreuses et nombreux sont donc celles et ceux qui en ce jour de Sainte Barbe, c’est-à-dire 20 jours avant Noël, veillent à respecter cette tradition dite des trois “Siétouns” (ou trois soucoupes en français), consistant à planter des grains de blé sur un lit de coton dans trois coupelles, puis de les arroser régulièrement jusqu’à ce qu’ils germent et que les tiges de blé s’élèvent fermement …

Les plus anciens, comme moi, se souviennent certainement de ces soucoupes qui ornaient d’abord nos cheminées, puis qui étaient déposées sur la table du “Gros Souper” avec des rubans jaunes et rouges lors de la Veillée et du Réveillon de Noël, avant d’être placées dans la crèche* pour “égayer” les paysages jusqu’à la Chandeleur…
Précisons aussi que des sachets de grains de blé sont mis en vente dans différents commerces, au profit d’associations caritatives.

N’oublions pas non plus, que “Sainte Barbe” est la patronne de “tout ce qui brûle, éclate, fulgure et détonne” en lien avec la légende qui veut que son père, un roi païen au 3e siècle, aurait été foudroyé par un éclair, après avoir décapité publiquement sa fille qui refusait de renier sa foi, et ce après lui avoir fait subir les pires punitions, sévices et tortures…
C’est la raison pour laquelle, le feu ayant vengé le martyre de Sainte Barbe, les pompiers, mineurs, artilleurs, des polytechniciens ou autres pyrotechniciens, l’ont choisie comme patronne et organisent à cette date de nombreuses manifestations …

Pour la petite Histoire, il faut savoir que lors du percement du Tunnel sous la Manche, la seule date qui avait été chômée chaque année, était le 4 décembre, en référence à la Patronne des Mineurs …

Bonne Sainte Barbe !…

Pour en attester, je vous joins en annexe,une photo prise chez mes parents au soir de Noël,
où après avoir réveillonné, l’un des “Seitouns” avait été placé dans la toute petite et très modeste crèche,
souvenir d’un voyage en Palestine il y a de nombreuses années …
Dernière précision, confiée par un spécialiste doublé d’un expert :

Sortir les “Sietouns” pour la Sainte-Barbe, mais ne planter le blé qu’une semaine plus tard,
car aujourd’hui, les températures de nos pièces n’ont rien à voir avec celles de nos ancêtres !

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André Abbe

Un mondial vraiment mondial !

De moins en moins de sport dans nos pages… car il semble que bien peu de Passadociens* s’y intéressent ! Pourtant je me sens obligé d’y consacrer quelques lignes.

  • Sachez que les 5 continents seront représentés dans les 1/8ème de finale du “Mondial de football” qui se déroule actuellement au Qatar.
  • Le fier Japon représentera l’Asie, les USA l’Amérique du Nord, l’Argentine l’Amérique du Sud, le Maroc l’Afrique, l’Espagne l’Europe, l’Australie l’Océanie (je vous épargne les noms de tous les qualifiés dont la France bien sûr).
  • L’Australie était l’équipe la plus inattendue à ce niveau de la compétition d’autant qu’elle n’avait pas fait des bélugues lors de son premier match contre la France.

C’est l’été en Australie, les dames sortent les ombrelles le jour et les drapeaux australiens les nuits de match… décalage horaire oblige.

Photo (recadrée) : dans les rues d’Adélaïde lors d’un voyage d’André en Australie

* Pourquoi les Passadociens ? Parce qu’André Abbe préside l’association Passadoc depuis sa création en 2016 (la page Facebook a été créée un an plus tôt). L’association Abbe Photo héberge “La Gazette de Passadoc” et les articles.

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Pour illustrer un prochain article de Claude Boyer sur le film d’Henri-Georges Clouzot Le Salaire de la peur (sorti en 1953) – et afin d’éviter les images vues et revues sur Internet – Passadoc recherche des photos récentes et archives du Gard.
Et notamment :
– L’ancien camp de Saliers sur la commune d’Arles.
– La bambouseraie d’Anduze.
– La Camargue.
– La rive gauche du Gardon entre l’ancien Hôtel et la source de la Canelle.
– Les virages de la D 979, traversant le camp des Garrigues (entre Nîmes et Uzès).
– La route de la Baume (ancienne D 127) en limite du village de Poulx.

Merci d’avance ! On attend vos commentaires ou vos messages privés…

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EN VENTE ICI

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C’est facile !

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