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La Gazette de Passadoc – N° 97

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  • Un quiz !
  • On raconte un peu, beaucoup, passionnément
    La castagne !… Hélion, des Arcs à Rhodes… La châtaigne…
  • Du côté de Abbe.Photo
    La “tournée” au moulin…Tous en cuisine !Où le sport est-il né ?… Les lavandins du plateau de Riez… Le provençal…
  • Avis de recherche
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André Abbe

La castagne !

La “castagne”, châtaigne en français, est passée depuis longtemps dans l’argot de la langue française, “grâce” aux mauvais garçons marseillais et toulonnais qui sévissaient à Paris à l’aube du XXe siècle. Du côté de la Bastille, un coup de poing efficace était une castagne.

À propos de castagne, une histoire vraie :
Une famille de Roquebrune (Var) dont la langue unique était le provençal devait se rendre à Fréjus en visite chez les Castagne, honorablement connus dans cette ville. La mère avait prévenu son fils :
Duvràs parlar francés a Mossu e Madama Castagne, son de la vila (Tu devras parler français à Monsieur et Madame Castagne car ils sont de la ville).
Arrivé devant Mme Castagne, le jeune roquebrunois avait retiré sa casquette et dit : Bonjour Madame Châtaigne.

Ça c’est de la francophonie !

Photo André Abbe

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Hélion, des Arcs à Rhodes

Il y a 752 ans, Hélion de Villeneuve naît vers 1270 aux Arcs (aujourd’hui les Arcs-en-Provence pour ne pas confondre avec les Arcs en Savoie), il est le fils d’Arnaud de Villeneuve, seigneur des Arcs et de Sibylle de Sabran. Il est fait chevalier de la langue de Provence et commandeur de Manosque et de Puimoisson avant de devenir le 26e Grand Maître des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem dont le siège se trouve sur l’île de Rhodes…

La réputation des Hospitaliers est nécessaire au pape Jean XXII pour, entre autres, faire aboutir ses projets d’un Grand Passage, c’est-à-dire permettre et sécuriser la navigation jusqu’aux portes de l’Orient.
Hélion de Villeneuve est partisan d’un tel passage par voie maritime, il prévoit l’embarquement des troupes dans les ports d’Espagne, de France et d’Italie avec un regroupement à Chypre ou à Rhodes mais pour cela il faut vaincre les armées turques ; c’est ainsi qu’en 1320, il dut mener bataille contre les Turcs qui perdent 80 navires et 10 000 hommes.

Hélion n’est jamais revenu aux Arcs, il est mort le 7 mai 1346 à Rhodes (la ville capitale de l’île du même nom). L’histoire a gardé de lui le souvenir d’un homme religieux et bon gestionnaire.

Un point sensible entre orient et occident
Les îles de cette région de la Méditerranée représentent un point stratégique que les différentes puissances se sont toujours disputées. Ainsi Nicosie, la capitale de Chypre reste la seule capitale au monde à être coupée en deux depuis l’invasion des Turcs en Juillet 1974. Grecs et Turcs s’observent depuis des miradors placés le long d’une frontière matérialisée par une bande de la ville désertée qui est devenue le domaine des chats au milieu desquels patrouillent les Casques Bleus de l’ONU.
Seul un passage appelé “checkpoint Charlie” permet de passer d’un côté à l’autre de l’île.

J’ai eu la chance de visiter Rhodes en 2008. La vieille ville avait été restaurée par les Italiens de façon un peu brutale entre les deux guerres. L’auberge de la langue de Provence était toujours là dans la rue principale qui mène au palais des Grands Maîtres.

Les Hospitaliers étaient partis depuis longtemps à Malte.

Photo André Abbe

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Claude Boyer

La châtaigne

Avec l’olive, la châtaigne est un produit emblématique de la Provence.

Une fois la vendange terminée, on cueille ce fruit gorgé de soleil généreux juste avant l’olive. Selon les variétés, on estime qu’un hectare de châtaigniers peut produire jusqu’à 4 tonnes de châtaignes par an.
Connue pour son excellente qualité gustative, la châtaigne du Var se déguste grillée ou en marrons glacés. Le massif des Maures est son fief dont les villages la célèbrent à l’automne, notamment à Collobrières, considérée comme la capitale de la châtaigne.
Mais Gonfaron, La Garde-Freinet, Les Mayons, Pignans,Tanneron et Camps-la-Source ont aussi leur fête…

Un aliment énergétique
La châtaigne a longtemps été un produit de base de l’alimentation quotidienne. En effet, la farine de châtaigne contient plus de 75% de glucides ce qui en fait un aliment énergétique.
Jadis, en Provence où les terrains pentus et siliceux ne permettent pas de cultiver les céréales, c’est le châtaigner qui est devenu la principale source d’alimentation, c’est pourquoi on surnomme le châtaignier “l’arbre à pain”.

Il en existe plusieurs variétés
Il existe de nombreuses variétés locales de châtaignes dans le Var : le Marron, la Sardonne, l’Impériale, la Bâtarde, la Miquelin, la Pignansie et la Beltassie. Chairs fines, sucrées, farineuses, il y en a pour tous les goûts.

Châtaigne ou marron ?
Le châtaignier lui ne se pose pas de question, il produit les deux en plus ou moins grande proportion selon la variété.
La réponse à cette interrogation est loin d’être évidente : le mot “marron” pourrait venir de l’italien “marrone”, qui signifie châtaigne. Par ailleurs, la châtaigne, considérée comme un véritable fruit du pauvre, a été requalifiée de marron dès lors qu’elle s’est retrouvée cuisinée et servie aux tables des puissants.

Enfin, la crème de marrons, la purée de marrons ou encore les délicieux marrons glacés sont préparés à partir de châtaignes non sauvages issues de la castanéiculture, et dont les bogues ne contiennent qu’un seul fruit.
La différence vient du fait que la châtaigne est un fruit cloisonné par une petite peau appelée “tan”, un peu comme la noix et le marron lui, n’est pas cloisonné et reste entier une fois décortiqué.
Attention de ne pas consommer le marron d’Inde qui lui est toxique !

Comment se déguste-t-elle ?
Grillées sous la cendre ou dans des poêles trouées, bouillies ou grillées au four il y a plusieurs façons de cuire la châtaigne.
Mais attention, si on la grille il ne faut pas oublier de la « marquer », c’est-à-dire qu’on y enfonce la pointe d’un couteau sinon pendant la cuisson on entend la petite explosion du fruit qui éclate sous l’action de la chaleur.
Avec la farine, on peut faire des crêpes, des galettes, des pâtisseries et bien entendu du pain.
N’oublions pas la succulente confiture de marrons et la dinde traditionnelle ainsi que les glaces, liqueurs, sirops et les incontournables marrons glacés.
Les veillées consacrées aux châtaines sont nommées « castagnado » .

Un arbre à tout faire
Si on rajoute à ça que le bois de châtaigner est utilisé pour l’ébénisterie, la charpente, le parquet, les échalas dans les vignes et la tonnellerie… que les feuilles peuvent servir à tapisser les plats pour éviter à la préparation d’attacher au fond ou à enrouler des fromages pour ne pas qu’ils collent entre eux lors de l’affinage, on peut dire que pour l’Homme le châtaigner est aux végétaux ce que le cochon est aux animaux.
Son seul défaut, il ne procure qu’un chauffage moyen…que voulez vous rien n’est parfait en ce bas monde..

Bonne castagnado à tous…Et comme en France tout finit paraît-il par des chansons, terminons avec l’inoubliable Jean Ferrat :

J’entends les vieux planchers qui craquent
J’entends du bruit dans la baraque
J’entends, j’entends dans le grenier
Chanter, chanter mon châtaignier

Texte : Claude Boyer – Photo : André Abbe

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La cueillette des olives… On en parlait longuement dans le 96e numéro de La Gazette de Passadoc. André Abbe y revient avec ce souvenir :

La “tournée” au moulin…

Un rendement de “8 litres aux 100”, effectivement c’est bien peu..
Je me repère en partant de la “mesure”, le double décalitre qui contenait rasette environ 12 kilos d’olives. Les oléiculteurs considéraient que l’honnête moyenne de rendement tournait autour de 2 litres d’huile par mesure. Cela équivalait à 16 litres aux 100 kilos d’olives, le double de ces malheureux “8 litres aux 100”.
Le rendement dépend de multiples facteurs, variétés d’olives, climat, je ne m’étends pas sur le sujet aujourd’hui.

Le moulinier faisait payer son travail en fonction de la quantité de mesures que le paysan apportait, non pas en fonction du nombre de litres d’huile produits.
Pour pouvoir disposer de sa propre huile, il fallait apporter un minimum de 300 kilos d’olives correspondant à la “tournée” sous les roues de pierre, dans les “escortins”…
Je ne connais pas les traditions des moulins modernes, mais les questions de rendement se posent de la même façon. Pas de miracle !

J’appelle cette photo prise dans un moulin moderne à Roquebrune (Var) il y a une dizaine d’années, La photo des Trois Dédé : Dédé le propriétaire du moulin, Dédé qui a cueilli les olives et Dédé le propriétaire des oliviers qui les a photographiés !
(Dédé est aussi le surnom des Directeurs Départementaux de l’Agriculture et de l’Équipement, les huiles de notre administration).

Photo André Abbe

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Tous en cuisine !

Où sont les amateurs de champignons ? Une pauvre cueillette de pissacans et de coulemelles.
La période des oronges et des bolets autrefois appelés “tête de nègre”, je ne connais pas le nouveau nom, était passée. Ce sont mes champignons préférés. Tant pis.

J’étais parti pour chercher des lactaires délicieux et des girolles mais j’ai dû me rabattre sur des coulemelles et des pissacans (photo). Je ne connais pas le nom français de ce modeste champignon de la famille des cèpes. Il est mangeable à condition qu’il soit cueilli dans sa prime jeunesse.
J’ai fait rendre l’eau, puis ai marié mes champignons avec des tranches de saucisse de Morteau, une gousse d’ail et une pincée de poivre pour que l’ensemble soit à peu près mangeable.Je manque d’imagination.

Texte et photo André Abbe.

Hum… Ça sent bon jusqu’ici !

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Où le sport est-il né ?

… demande André Abbe.
Le match de rugby France-Japon était à peine terminé que commençait le Mondial de football au Qatar.
Je passe des heures devant ma télé pour assister aux victoires des Bleus. Cocorico !
Fatalement, j’entends des bêtises dans la masse des commentaires.

Le sport est né en Angleterre” affirmait un journaliste sportif. Tout faux !
Le mot anglais “sport” vient tout droit de l’occitan “deportz” que nous pouvons traduire par délassement. Nous le trouvons dans les poèmes de troubadours provençaux, limousins et gascons.
Richard Cœur de Lion et sa suite ont introduit le mot en Angleterre, les Anglais se sont chargés de le raccourcir.

Je le répète, je préfère le rugby, mais je ne manque aucun match du Mondial que diffuse TF1…

Photo André Abbe

Jeanne Monin
Petite précision glanée dans le Dictionnaire Historique de la Langue Française d’Alain Rey, célèbre linguiste :
– Sport : vient de “disport” lui-même emprunté à l’ancien français “desport”, variante de “deport” → divertissement, qui apparaît à l’écrit vers 1130.
Les “Perfides” ont jeté le “dis” dans la Tamise pour ne garder que “sport” !

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Les lavandins du plateau de Riez

André Abbe raconte :
Presque chaque année, je me rends sur le plateau de Riez (Alpes de Haute Provence), fin juin ou début juillet. Les lavandins en pleine floraison m’offrent un spectacle dont je ne me lasse jamais. Mais les champs de lavandin (ou de lavande) ne manquent pas de charme en hiver, sous la neige.
En voici un photographié il y a une quarantaine d’années sur la commune de Thorame – basse (Alpes de Haute- Provence).

Je précise à nouveau que le lavandin est un hybride de la lavande “fine”. Ne pas confondre !
Le lavandin produit plus mais son essence a moins de valeur que celle de la lavande (qui ne pousse qu’au-dessus de 800 m d’altitude).

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Le provençal

Qui arrive à lire le provençal ? Une autre langue ? demande André Abbe.
Puisque Noël approche, je vous invite à lire ce message en provençal écrit dans des carreaux de faïence émaillée sur un mur de Correns (Var). La traduction en français ne demande pas de grandes connaissances.
On se croirait au Portugal, pays des azulejos. Mes félicitations aux auteurs.

Photo André Abbe

Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.
Verset de l’Évangile selon Saint-Jean, précise Giselle Penat-Laborde.

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Pour illustrer un prochain article de Claude Boyer sur le film d’Henri-Georges Clouzot Le Salaire de la peur (sorti en 1953) – et afin d’éviter les images vues et revues sur Internet – Passadoc recherche des photos récentes et archives du Gard.
Et notamment :
– L’ancien camp de Saliers sur la commune d’Arles.
– La bambouseraie d’Anduze.
– La Camargue.
– La rive gauche du Gardon entre l’ancien Hôtel et la source de la Canelle.
– Les virages de la D 979, traversant le camp des Garrigues (entre Nîmes et Uzès).
– La route de la Baume (ancienne D 127) en limite du village de Poulx.

Merci d’avance ! On attend vos commentaires ou vos messages privés…

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C’est facile !