Passadoc Gazette – No 196

The Hebdo 196

Birds...

Whether they are cities, fields or seas, whether they fly from pages of a book or pop up screens, birds are part of life...

  • The early morning ones, so talkative in the spring... They say they're getting married... They'll build a nest... They're gonna have kids!
  • The sparrows of the streets... which tirelessly beak the invisible crumbs of which are dotted the city sidewalks...
  • Red-throat, which closely follows the gardener... And the storks that deliver the newborns!
  • The gravelots of the beaches, always in a hurry, moving only as a family...
  • The geese that take Nils Holgersson away*The hero of our childhood readings...
  • « Birds » "Alfred Hitchcock, so cruel when they attack kids and kids on the way to school...
  • The one who shares the freshness of the wind and the dust of the sun that also paints Monsieur Prévert...
To make the portrait of a bird
Paint a cage firstWith an open doorPaint thenSomething niceSomething simpleSomething beautifulSomething useful for the bird
Then place the canvas against a treeIn a gardenIn a woodOr in a forestHide behind the treeWithout saying anythingWithout moving
Sometimes the bird comes fastBut it may as well take many yearsBefore you decideDo not discourageWaitWait if necessary for years
 

* The Wonderful Journey of Nils Holgersson through Sweden – Roman by Selma Lagerlöf – 1906.
* Headband No. 196: Piceiche – Photo by André Abbe.
Research on various sites.

And then there's our tables!

« The shutters are half closed. In the dark, the mistress of the house puts on the table the cassolette, fraying with the drop of old armagnac. The guests then engage in a strange ritual. The head covered with a large towel, they grab a bird. A roasted ortolan. In silence, only the cracking of the bones resonates. »

Ortolans or grives:

Photo André Abbe
André Abbe
By presenting this photo of a skewer of grive, I know I'm going to be unhappy. To be careful, I don't give the cook's name!
 
I'm divided myself. I recognize that hunting is cruel but I like game meat.
 
We only do the skewer in the winter, we only kill a tiny percentage of the grives that fly over the Var... Unconvincing arguments, I recognize!
 
In the less affluent parts of the Alpes de Haute Provence, the trapping of the grives and colarets, a species of hake, allowed farmers to provide additional income. The number of lice (pigs) was controlled by agricultural services. Each farm was allowed to dispose of a limited number.
 
I'm talking about a world gone. Sooner or later, the French will no longer be able to consume meat in the name of respect for the animal world.
The breeders, butchers, caterers will have converted...


Claude Boyer
Lei turn... aco m-agrado!... [I like the grives!]
 
There was a time when in family meals there were two subjects to avoid: religion and politics. Today is simpler: in these times of controversy – level « chocolate-chocolatine bread » – you should not talk about anything anymore, under penalty of seeing the beautiful family atmosphere go in bottle; hunting is part of these discussions.
 
Bien que petit-fils et fils de chasseurs – j’ai encore le Darne de mon grand-père et l’Hamerless de mon père – je n’ai moi-même jamais pratiqué l’art cynégétique ; non par amour des animaux ou un quelconque militantisme « anti », c’est que ça ne m’intéresse pas.
 
Par contre si d’aventure je peux avoir un bout de sanglier pour faire une daube je ne dis pas non !
Si des chasseurs me lisent…
 
  • The Echoes of the Week
    Passage obligé
    On chante
    Le cow-boy !

  • Passadoc

Passage obligé

Photo et texte ci-dessous : André Abbe

Sur cette photo d’octobre 1993, on aperçoit trois enclos. Les moutons se trouvant dans le premier doivent se rendre au « pas forcat » où un seul d’entre eux peut passer à la fois.

Bernard Bellini actionne une porte qui dirige la brebis dans l’enclos de gauche ou dans celui de droite, en fonction de la marque qu’elle porte sur le dos. Chaque propriétaire retrouve ainsi ses bêtes au retour de la montagne où elles ont passé l’été et le début de l’automne.

Si trois éleveurs se sont associés, il faudra organiser un deuxième passage au « pas forcat ». J’emploie le nom provençal car je ne sais pas comment appeler cette installation en français !


Dalie Gues

– Sur la photo, je reconnais mon frère Jean Pierre, Julien…


Jean-Philippe Tinois
Passage obligé… on pourrait aussi dire « goulot d’étranglement ». Ça sert à beaucoup de chose dans l’élevage : le marquage, le tri comme ici pour l’appartenance mais aussi pour séparer les malades des bien portants, les jeunes béliers à castrer des brebis, associé parfois à un bain forcé pour un traitement externe (plutôt vu pour les bovins).

Cette technique permet de savoir si tout le troupeau a été traité… les vaccinations aussi. C’est un terme et une technique qui s’applique à beaucoup de situations.

Jean-Jacques Murat
Cu saup se, per destriar lo monde, lo grand Sant Peire fa dau meme d’amont a la pòrta dau paradis … [Qui sait si, pour faire le tri, le grand Saint Pierre fait de même à la porte du paradis…]

On chante

André Abbe
Peire Pascal, décédé en 2016 (à gauche sur la photo) fait partie de mes chanteurs préférés, non pour la qualité de sa voix mais pour celle de ses textes. Il a traduit par ailleurs en espagnol des chansons de Brassens que chante Paco Ibanez (à droite).

Claude Boyer
J’ai retrouvé des chansons que me chantait ma mémé « La cambo mi fa maou », « Tanto Cougourdeto », « Plou, plou la gallino »... Merci pour ces madeleines de Proust !

Chansons à retrouver !

Jean-Jacques Murat
Una votz rocassusas coma li sieu Verdon tumultuós, una votz clara coma leis estèlas qu’èra tant pròchi quora, per sei dètz ans, fasiái lo pastre, una votz doça de breçarela per endurmir lo sieu bèu drolin, una votz de chocaton perdut dins la montanha dau Cheiron, una votz de darnagas cantant dins l’agrena de l’iera, una votz d’amoros per sa dona béla qu’embauma lo camin de sa vesprada … (l’americo, lucien, aguessi lo gaubi, lei choucatoun, la fueio, dono)…

[Une voix rocailleuse comme son Verdon tumultueux, une voix claire comme les étoiles dont il était si proche quand, pour ses dix ans, il faisait le berger, une voix douce de berceuse pour endormir son petit bambin, une voix d’ivrogne perdu dans la montagne du Cheiron, une voix de pies grièches chantant dans le prunier de l’aire, une voix d’amoureux pour la belle dame qui vient embaumer son chemin automnal…]

Jeanne Monin
Une voix de révolté quand Paco Ibanez chante « A galopar« …

 

Hat!

Photo et texte ci-dessous : André Abbe

L’as pagat lo capèu ? (As-tu payé le chapeau ?)

C’est la question qu’on pose, sur un ton cordial, à une personne qui porte un couvre-chef extravagant, bizarre ou outrageusement chic.

À elle de répondre « Päs me tei sous, camèu » (Pas avec tes sous, chameau) ou quelque chose d’équivalent !

Au fin fond du Colorado (sud ouest des USA), j’avais photographié cet homme portant un chapeau « de cow boy », adossé à un mur de la station de bus, dans une posture très cinématographique.

« L’as pagat lo capèu ? » … Je n’avais pas osé lui poser la question, avant de remonter dans mon Greyhound.

Claude Boyer
Histoire rigoureusement authentique :
Marcel le Béarnais n’avait pas le moral, sa carrière était au creux de la vague. Il passe chez Georges l’Occitan histoire de discuter un moment, les deux Passadociens étant amis de longue date.

Fine mouche, Georges veut distraire son copain.
Je viens de finir une chanson, tu me diras ce que tu en penses.
Le voilà qui prend sa gratte et se met à chanter. À la fin Marcel a le sourire…
 
– Chante moi la encore !
– Elle te plaît tant que ça ?
– Oh oui alors !
– Hé bien je te la donne…
 
Et voilà comment les tribulations d’un chapeau imaginées par Georges Brassens ont relancé la carrière de Marcel Amont.
Si ça c’est pas de l’amitié…
Capeù l’artiste !
 
Le chapeau de MireilleQuand en plein vol, je l’ai rattrapéEntre Sète et MarseilleQuel joli vent l’avait chipé ?

C’est pas le zéphyrN’aurait pu suffireC’est pas lui non plusL’aquilon jouffluC’est pas pour autantL’autan

Non, mais c’est le plus folEt le plus magistralDe la bande à Éole
En un mot, le mistral
.

Cyril R. Vergnaud
– qui quasi quotidiennement prend des nouvelles de Passadoc
– connaît tout de la vie d’André Abbe !

Andrieu Abbe foguèt jornalista, cronicaire, es un dels fondators del confraire nòstre Aquò d’Aquí, mas es tanben un testimòni fotografic dels importants pel moviment occitan e per Provença en particular, dempuèi las annadas 70. Pel Diari es Cyril R. Vergnaud que s’entrèva de ne far un retrach-omenatge complèt, eissit d’un entreten amb l’interessat e son filh François.

[Andrieu Abbe journaliste fusée, chroniqueur, est l’un des fondateurs de notre confraire Aquò d’Aquí mais c’est aussi un témoignage photographique de ceux qui sont importants pour le mouvement occitan et la Provence en particulier, dès les années 70. Car le Journal est Cyril R. Honteux qu’il ait été impliqué dans une retouche-hommage complète, c’était un évènement divertissant avec le fils intéressé François]. 

Cités in The Gazette : André Abbe – Claude Boyer – Dalie Gues -Jeanne Monin – Jean-Jacques Murat – Jean-Philippe Tinois – Cyril R. Vergnaud.

Editor in Chief : Jeanne Monin