Rencontres Régionales de Photographie : l’Occitanie voit grand
Réunir une sélection d’oeuvres issues de clubs photo de toute une région. C’est l’objectif des Rencontres régionales de la photographie. On est à deux pas de Montpellier, à Juvignac (Hérault). Nous faisons connaître plusieurs photos et faisons un clin d’oeil avec nos archives. Jeanne nous amène également en Bretagne et en Normandie.
Des photos hors compétition
Plusieurs expositions sont proposées à côté des sélections des différents clubs. On y trouve notamment le photo reporter Gilles Favier. Cette photo d’Irlande nous fait penser à une photo d’André Abbe en Provence.
Dans un texte affiché à l’expo, Gilles Favier raconte : “1981, je suis abonné à Reporter-Objectif un magazine photo mensuel. On y explique comment devenir correspondant de guerre au milieu d’un tas de conseils pratiques forts utiles tels que : choisir le bon sac, le bon appareil, les bonnes chaussures…
Le conflit le plus abordable selon eux, le moins cher pour les apprentis photographes comme moi, est l’Irlande du nord. Il faut prendre le bus à la Madeleine le soir vers 22 h puis un bateau à Calais en pleine nuit, un train pour Londres où l’on change de gare pour un autre train direction Stranraër au nord de Liverpool, et enfin le ferry pour Larne avant un dernier bus pour Belfast. Deux jours de voyage pluvieux garantis, une traversée jamais commode, mais un prix imbattable pour
Cet été-là, je travaille sur la Côte d’Azur, dans un pressing la journée, et pendant une bonne partie de la nuit je développe et tire les images d’un photographe de plage, une espèce d’Apollon en mini slip de bain. Chaque matin j’achète Libé. C’est d’ailleurs la première chose que je fais. Il y a souvent un papier de Sorj Chalandon sur les prisonniers républicains en grève de la faim en Irlande du nord, car c’est là, sur les conseils avisés de Reporter-Objectif, que j’ai décidé de faire mes armes. Je colle tous les articles dans un cahier Oxford vert, je me prépare !
À l’automne, mon sac est prêt, mon matériel aussi et c’est finalement en bateau que je pars via Roscoff puis Cork en République d’Irlande. Un premier voyage erratique, peu de repères, des ennuis avec la police mais quelques images tout de même. Mon grand-père Joseph meurt pendant mon absence. Je l’adorais. Je ne suis là ni pour l’enterrement ni pour le reste.
Je veux repartir très vite et je me décide à rencontrer Sorj Chalandon à Libé et Christian Caujolle aussi. Besoin d’aide. Sorj me paie un demi aux Ambassadeurs, le bistrot près du journal, en haut de la rue Christiani, et me conseille d’aller voir le Sinn Fein. Christian, du fond de son minuscule bureau en sous-sol me fait une lettre d’accréditation de Libé, au cas où…”
Toujours hors compétition et plus près de Montpellier (et Juvignac où se tenait l’expo) :
Des idées de sorties et de voyages en France
Le Mont Saint-Michel : Normandie ou Bretagne ? Un sujet de polémique !
Aujourd’hui, il semble définitivement admis que le Mont Saint-Michel est normand.
« … il semble » seulement… car si vous avez l’heur de rencontrer des gens de ces belles provinces, posez-leur – innocemment bien sûr ! – la question :
– Dites-moi… où doit-on placer le mont Saint-Michel ?
Aussitôt, le Normand clamera : – Chacun sait que le « Couesnon dans sa folie a mis le Mont en Normandie » (1) !
À cette affirmation, le Breton répliquera hardiment : – Mais sachez que, quand le Couesnon retrouvera sa raison, le Mont redeviendra breton !
Il en faut plus pour faire taire un Normand ; la riposte sera immédiate : – Si le Couesnon se change par folie, le Mont, lui, ne cesse d’être en Normandie !
Merveilleuse guerre picrocholine entre les deux provinces, une guerre qui dure depuis le Moyen Âge !
On raconte que dans un temps très lointain, la rivière se serait déplacée à l’ouest du Mont faisant entrer l’abbaye en zone normande. Que le fleuve ait varié dans sa partie avale est attesté ; qu’il soit passé à droite de l’île n’est pas avéré. Pour Pierre Bouet (Professeur à l’université de Caen), « le Mont [n’est] ni breton, ni normand, il [est] avant tout bénédictin ».
Les passions sont-elles pour autant apaisées ? Que nenni !
En 2018, constatant que le drapeau européen flottant sur le Mont près de la bannière normande est déchiré par le vent, Yann Galton (2) le remplace par le Gwenn ha Du armoricain ; il déclare (3) : « Ce qu’on appelle la Côte d’Émeraude, ça part de Saint-Malo, ça va jusqu’à Granville, alors Normand, Breton, c’est pareil ».
Il recevra des centaines de courriels de protestation : “Arborer ce drapeau, c’est nier l’histoire du Mont. Monsieur le Maire, remettez le Mont en Normandie et donc le drapeau breton dans sa boîte”. Face à la polémique grandissante, le maire cède, enlève le drapeau noir et blanc, remonte celui de l’Europe et ramène la paix sur cette Merveille de l’Occident qu’est le Mont Saint-Michel, classé au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco depuis 1979.
Jeanne Monin
(1) Cette phrase figure dans le très sérieux ouvrage de Bertrand d’Argentré (1519-1590, juriste et historien breton) : L’Histoire de Bretagne, des rois, ducs, comtes et princes d’icelle. (1582).
(2) Maire du Mont-Saint-Michel de 2014 à 2020. Nombre d’habitants en 2025 : 23… mais des millions de visiteurs chaque année.
(3) Sur France 3 Normandie.
Ces magnifiques clichés sont autant d’idées de sorties.
Ci-dessus : Atelier Photo de Clapiers – Luc Bernard – La piscine – plage de bon-secours – Saint Malo (Bretagne)
On part plus au sud :
Des idées de sorties à l’étranger
Autre lieu : l’Inde. Cette photo nous a fait penser à la photo d’André Abbe en 1978 :
Autre scène, là encore avec la photo contemporaine et la photo ancienne d’André Abbe :
Des photos insolites
Parmi les multiples photos insolites, une photo a retenu notre attention. Cette orchidée est étonnante, proche d’un corps de femme !
Cette photo du musée nous a fait penser à une autre photo d’André Abbe
Une vie de chien
Heureux de retrouver un thème cher à André Abbe : les chiens de berger
Un beau clin d’oeil à l’expo « Le chien de Saint Roch » à Montpellier.
Et le gagnant est…
Merci Luc Rower et merci aux bénévoles des associations. Rendez-vous l’an prochain !


Réponses