ASSOCIATION ABBE PHOTO

La Gazette de Passadoc – N° 83

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  • L’exposition “Femmes de Provence” et Assemblée générale de Passadoc.
  • Des quiz !
  • On raconte un peu, beaucoup… passionnément !
    Les bergers… Un pin fa pas un cade… La miraculée de Lourdes… Le mythique pont transbordeur du port de Marseille… Cannes… La légende de l’étoile de Moustiers-Sainte-Marie… La gardaren riboun-ribagno nostro rebello lengo d’O !… Suceurs de boudins ! Vomisseurs de poulpes !…
  • Vagabondages…
  • La bibliothèque de Passadoc

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Ouverture des inscriptions gratuites aux visites : 1er septembre à 18 h.
À noter : Abbe Photo contribue au financement de l’association Passadoc

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François Abbe

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Patricia Jouve

Les bergers

Ils possédaient la connaissance des plantes, des soins aux bêtes et aux gens…
tout un savoir qui va se perdre s’il n’est pas transmis…

Notre cher ami Francis Chevillon est un homme que j’ai toujours apprécié. Les circonstances de la vie on fait que nos chemins ne se croisent plus.
Homme de caractère, d’une franchise redoutable, mais doté d’une grande générosité et d’une bienveillance réconfortante, il a passé une partie de sa vie sur les estives de Soulas à satisfaire sa passion pour l’ornithologie et le pastoralisme. Très cultivé, il passait les longues soirées de brouillard dans la cabane de Soulas à lire “La République” de Platon.
De plus, il a contribué à des publications nationales et internationales sur la faune et la flore des Pyrénées.

Voici un extrait d’un magnifique article d’éthique montagnarde qu’il avait publié sur “Les chroniques de Sentenac en Couserans” (N° 7 – 1991).

Merci à toi, cher Francis, pour le bon accueil que tu m’as toujours accordé sur les estives de Soulas. Il suffisait que je t’appelle, les mains en porte-voix, sur les crêtes dominant Soulas, pour que tu apparaisses comme par magie.
Voici le texte de Francis Chevillon :

Photographie : Francis Chevillon à la cabane de Casabédé en compagnie d’Urbain de Jampaou et d’une jeune bergère. (2001)
Texte : Jean-Joseph Payronne.

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Claude Boyer

Un pin fa pas un cade

J’ai appris à la fête de la transhumance de Bargème (Var) que le bois de cade avait des vertus antimites. Joie, je vais pouvoir sauver mes lainages !
Le cade (nom provençal) appartient à la famille des genévriers, des petits arbres qui peuvent devenir gros au bout de quelques siècles.

Clic ! La suite du texte d’André Abbe…

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Alain Cathala

La miraculée de Lourdes

Août 885 – Une montpelliéraine, miraculée de Lourdes.
Il y a donc 135 ans, à 8 heures et demie du matin, se pressait sur le débarcadère du chemin de fer, au débouché de la rue Maguelone, une foule nombreuse de curieux. Les pèlerins de la paroisse Saint-Mathieu à Lourdes rentraient enfin au Clapas. Ils avaient été pas moins de 750 à faire le voyage dans l’espoir de recevoir les grâces de la Sainte-Vierge et parmi eux figurait celle qui devint une des miraculées de Lourdes, une certaine Mme Robert.

Tous voulaient voir le visage de celle qui avait pu bénéficier de l’intercession de la Vierge dans sa vie de souffrances, celle qui avait su établir un lien si proche par ses prières avec la mère du Christ. Depuis plus de deux ans, cette dame Robert, fille de Guillaume, appareilleur de travaux, demeurant dans la modeste rue de la Verrerie, témoignait des plus grandes difficultés pour se déplacer. Sa fragilité extrême l’empêchait de s’alimenter correctement : elle ne pouvait d’ailleurs que boire que du lait. C’était le seul aliment que son corps acceptait. Pain, fromages, viandes, sucreries et autres plaisirs semblaient lui être interdits.

Les savants médecins de Montpellier s’étaient montrés incapables de la guérir, et même tout simplement d’expliquer les causes de sa maladie. Aucun traitement ne semblait pouvoir la soulager. Il ne lui restait plus que de fonder l’espoir de son salut dans la prière.

C’est ce qui advint en ce début du mois d’août 1885. En dépit des souffrances qu’elle endurait, elle partit le dimanche 2 août 1885, avec le pèlerinage de la paroisse Saint-Mathieu. Pour l’amener à la gare, il fallut la mettre sur une petite voiture et la porter dans le wagon.

Arrivée à Lourdes, elle dut, comme de nombreux autres malades, être portée à bras dans la grotte. Pendant plus d’une heure, elle y récita des prières et fut par la suite transportée jusqu’à piscine où elle demeura une vingtaine de minutes. Elle serrait dans ses mains un chapelet jusqu’à ce qu’une larme perla sur sa joue, lorsqu’elle comprit que le miracle tant espéré était enfin arrivé. Sous les regards étonnés et admiratifs de ses compagnons de douleurs, elle put sortir seule de la piscine purificatrice et rejoindre la grotte où les paroissiens de Saint-Mathieu étaient en prières. Tous à sa vue entonnèrent le Magnificat. Ils avaient compris que leur consœur montpelliéraine venait d’être exaucée, que ses prières avaient été entendues. Après trois heures de recueillement, elle regagna son logement, à pied, suivie par ses amies. Chacune voulait l’embrasser et lui demander des renseignements sur ce miracle, espérant obtenir le secret de cette réussite. À l’auberge, elle retrouva le bonheur de manger du potage et s’autorisa un verre de vin. La vie était enfin revenue…

Si les autorités de l’Église ne la portèrent jamais – peut-être n’y a-t-il jamais eu de demandes – sur les listes officielles des miraculées, Mme Robert était reconnue localement comme l’une d’entre elles. Dans la paroisse Saint-Mathieu, plusieurs messes d’actions de grâces furent célébrées en son honneur, et pendant les offices religieux, elle marchait en tête et était la première à recevoir la communion. Elle méritait bien cet honneur cette dame Robert, la première miraculée montpelliéraine du sanctuaire de Lourdes.

Texte : Fabrice Bertrand. Histoire et Patrimoine – Montpellier.

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Philippe Natalini

Le mythique pont transbordeur du port de Marseille

Mis en service en décembre 1905, il fut détruit au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Devant l’avancée des troupes alliées sur Marseille et l’insurrection de la Résistance, le Général Schaefer commandant les 17 000 hommes issus de la Wehrmacht (armée de terre) et de la Kriegmarine (marine de guerre) de la garnison de Marseille, reçoit l’ordre de détruire les points à enjeux stratégiques de Marseille et dont certaines infrastructures du port font partie, ce qui est entrepris.

Il y a des pressions extérieures qui s’exercent, notamment celles du Consul Général Allemand prisonnier des FFI, qui, par téléphone, attire l’attention de Schaefer sur les dommages irréparables que les dynamitages du port généreraient. Schaefer temporise, et ordonne à ses troupes de renoncer au destructions portuaires et de préserver de l’aqueduc de Roquefavour qui alimente la ville en eau.

Mais les soldats allemands subalternes n’obéissent pas. Les quais sont ainsi dynamités dans un vacarme terrible et le fameux pont transbordeur s’effondre dans les eaux du Vieux-Port, rejoignant les 200 navires coulés à cette occasion pour gêner au maximum la logistique des alliés.

Le dernier pilier du pont restant encore debout sera démoli en 1945.

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Cannes…

La destruction de la ville de Cannes était prévue par les occupants allemands fuyant l’avancée des alliés. Heureusement, ça n’arrivera pas.

Ange-Marie Miniconi, alias “commandant Jean-Marie” était un chef résistant français dirigeant un très important réseau FTP-MOI à Cannes. Le groupe “Jean-Marie” était fort de plus de 600 hommes courant 1944.
Le 20 août 1944 se tient une importante réunion à laquelle sont présents Ange-Marie Miniconi, son adjoint André Emérini ainsi que Stefan Vahanian, chef de l’A.S 24 et son adjoint Tony Isaïa. L’objectif de cette réunion est la répartition des rôles en suivant les instructions contenues dans le Plan d’occupation et de protection à utiliser en cas de départ des troupes d’occupation émanant du QG du général Marie-Pierre Kœnig à Alger.

Le 23 août 1944 ayant appris, par un courrier subtilisé au bureau de poste de Cannes où un membre du réseau était employé, que les Allemands avaient pour ordre de détruire les bâtiments publics ainsi que certains édifices privés, comme les hôtels de la Promenade de la Croisette en particulier, le Commandant Jean-Marie réussit à rencontrer, en secret, à la Taverne Royale, le colonel Schneider, officier de la 148e division d’infanterie allemande, responsable du secteur cannois.
Il lui monte un bluff lui faisant croire que les troupes allemandes sont encerclées par la Résistance et qu’elles ne pourront quitter Cannes saines et sauves que si le projet de destruction de la ville est abandonné. Le bluff fonctionne et Cannes est ainsi sauvé de la destruction.

Les démineurs du groupe “Jean-Marie” découvriront pas moins de trois tonnes d’explosifs dans les bâtiments cannois prévus d’être détruits.
Mais pour le Colonel Schneider une fois arrivé à Nice, où l’événement s’était ébruité, sa hiérarchie ne l’entend pas de cette oreille. Traduit en cour martiale, il est condamné et exécuté trois ou quatre jours plus tard.
Le 24 août 1944, Le Commandant “Jean-Marie” donne le feu vert aux troupes de la résistance afin de libérer Cannes selon le plan établi en complémentarité des alliés conquérants.

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Giselle Penat-Laborde

La légende de l’étoile de Moustiers-Sainte-Marie

D’après une chronique de Louis-François de Villeneuve-Bargemon écrite en 1824…
Il était une fois sur la rive droite du ravin, à Moustiers, au quartier des Baumettes, un sire de Pena, baron de Moustiers qui était le tuteur de la belle Aloïse. De l’autre côté du pont, c’était “le faubourg” et le père du jeune chevalier nommé Bozon en était le seigneur.
Or, un beau jour, la pure et chaste Aloïse, rencontra Bozon et …

Clic ! La suite est à cette page

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Une autre version…
D’après la légende de Frédéric Mistral, l’étoile est un ex-voto dédié à la Vierge Marie, installé selon le vœu du chevalier Blacas, un croisé emprisonné par les Sarrasins en 1210, qui avait promis, s’il revenait dans son village, d’y suspendre une étoile et sa chaîne en hommage à Marie.

En 1885, le futur prix Nobel de littérature, écrit dans un recueil en provençal intitulé Lis Isclo d’or (Les îles d’or), le poème La cadeno de Moustie (La chaîne de Moustiers) qui raconte l’histoire de l’étoile.

Aujourd’hui, on recense 17 légendes autour de l’étoile de Moustiers. De quoi rendre sceptique le plus poète des randonneurs, habitué aux contes et merveilles de cartes postales.
Pourtant, en replongeant dans l’histoire, on découvre que la première mention de l’étoile date tout de même de 1636, mais l’explication est peu fiable.

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La gardaren riboun-ribagno nosto rebello lengo d’O !
Frédéric Mistral – (Nous la garderons coûte que coûte notre rebelle langue d’Oc)

Pour celles et ceux qui souhaitent améliorer leurs connaissances de la “lengo nostro”.

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Rachida Corti

Suceurs de boudins !… Vomisseurs de poulpes !…

… et tant d’autres sobriquets fleuris donnés aux Varois selon leur origine !

Comps-sur-Artuby est certainement le village le plus gratifié par les sobriquets. Chaque quartier avait le sien ; par exemple : à Chardan, c’était les “plaideurs“.
À Duou, les “braillards“; à Saint-Bayon, “ceux qui aiment se pavaner“; ou encore à Verjonles chasseurs de rats“.
Les Dracénois se seraient bien passés du qualificatif de “lei fouita” (“les fouettés”). Mais il résume un fait marquant, du XVIe siècle. Les pendaisons avaient lieu dans le quartier Les Selves, sur la route de Lorgues. Les pendus étaient fouettés par les vents. Quand les gibets ont été transférés Place du Marché, le nom est resté.

Les Toulonnais étaient désignés par les “vomisseurs de poulpes“. Ils en mangeaient tellement qu’ils s’en rendaient malades.
À Claviers, les villageois touchés par la misère, vendaient leurs bêtes aux abattoirs et se contentaient des têtes, cuisinées avec une persillade. Leurs voisins de Bargemon les ont surnommés les “mangeurs de têtes“. En réponse les Clavésiens, les ont appelés “suceurs de boudins“.

Il fut un temps où Collobrières était réputée pour ses châtaigniers. Souvent les sobriquets commençaient par “mange…”. On appelait donc les Collobrièrois, “les mange-châtaignes“. Mais ils étaient aussi “lei moufu” (“ceux qui sont couverts de mousse”), à cause de l’humidité et du peu d’ensoleillement.
Les Fréjusiens avaient deux qualificatifs, “les mange Bon-Dieu“, car Fréjus est une ville épiscopale ; mais aussi les “visages blancs“, à cause de la présence de marécages, qui apportaient des maladies et la fièvre. Jusqu’à la fin du Moyen Âge la ville était insalubre. Les habitants de Signes étaient devenus “les étrangleurs d’évêques“, rappelant qu’en 1603, Monseigneur Ragueneau, évêque de Marseille, y a été enlevé et assassiné, même si on ne sait pas de quelle manière.
À Néoules, la rivière l’Issole regorgeait d’écrevisses. Mais elle était si souvent à sec, qu’il n’y avait plus guère dans le bénitier que l’on trouvait de l’eau. Alors les Néoulais sont devenus “les pêcheurs d’écrevisses dans le bénitier”

Souvent cocasses, jamais gentils, ces sobriquets se sont éteints en même temps que les odes de vie ont changé.

Une véritable “guerre des mots”
Cette liste non exhaustive est la preuve qu’entre communes, la guerre des mots était impitoyable.

  • Aiguines : “les sorciers”, car au Moyen Âge, une femme soignait avec les plantes. Elle était très réputée. Certains disaient qu’elle s’adonnait à la sorcellerie dans la “ferme de la médecine”.
  • Ampus : “lei darnagas”, “les nigauds” ou “les revêches”, à cause de la blague d’un curé, qui revenant de la chasse affirma qu’il avait tué un oiseau et huit darnagas.
  • Les Arcs : “lei chancroun”, “les casseurs”. À la fin du XVe siècle, les jeunes Arcois allaient sans arrêt chercher bagarre chez leurs voisins de La Motte, Trans, Taradeau ou Vidauban.
  • Artignosc : “lei majo sang”, les mangeurs de sang. Parce que les Artignoscais préféraient le boudin au jambon.
  • Artigues : “lei escoundu”, “les cachés”. Au Moyen Âge, les habitants s’y réfugiaient la nuit, pour échapper aux ennemis.
  • Aups : “les tout-vaut-peu”. Les Aupsois cachaient tout ce qu’ils pouvaient pour échapper à l’impôt.
  • Bagnols-en-Forêt : “lei testo d’arenc”, “les têtes de hareng” pour les qualifier des gens peu aimables.
  • Bargème : “les rase-muraille” à cause des remparts, d’où les Bargémois montaient la garde.
  • Bargemon : “les mangeurs de boudin”. Il était préparé avec du sang de mouton et du petit salé. Mais il se disait aussi que c’était le “pays des gros derrières”, à cause des nombreux cordonniers qui étaient toujours assis.
  • Barjols : “Lei brulo magnin”, “les brûle-rétameurs”. Parce que des rétameurs furent brûlés vifs, après avoir volé le trésor de l’église.
  • Baudinard : “lei quicho farroui”, ceux qui ferment le verrou, pour dire qu’ils étaient d’une grande vigilance pour échapper aux brigands.
  • Le Beausset : “lei gueto devessado”, ceux qui portaient les guêtres à l’envers. Les Beaussetans avaient la réputation d’être mal réveillés le matin. Mais gueto signifie aussi ébriété. Alors peut-être avaient-ils du mal à s’habiller, s’ils buvaient trop!
  • Le Bourguet : “les égarés”. Le village très isolé servait de refuge à ceux qui voulaient disparaître.
  • Brignoles : “lei candeloun”, ceux qui ont la chandelle, car la ville était tout simplement réputée pour la fabrication de chandelles.
  • Brue-Auriac : “les recueillis” vient de l’unification des deux communes par un armateur marseillais en 1840. Lequel fit venir des gens de toute la région pour repeupler la commune.
  • Callas : “les grandes oreilles”, allusion à celle des ânes et des mulets qui apparaissaient au détour des rues très pentues, sortant la tête de leurs écuries.
  • Callian : la suçarelle était un plat à base de limaces, servi notamment lors de la foire d’octobre. Celle-ci se terminant par un bal, les Callianais sont devenus “les danseurs de limaces”.
  • Carcès : “les enfumés” à cause du brouillard de l’Argens.
  • Carqueiranne : “les courges”. Cela désignait les paysans de l’intérieur par rapport aux pêcheurs, “les rascas”.
  • Châteauvieux : “les bonnes bouches” car l’élevage permettait de bien se nourrir.
  • La Crau : “les mange-mouches”. Les insectes étaient attirés par les moutons. C’est devenu un sujet de moquerie des villages voisins.
  • Cuers : “les mange-ânesse” à cause d’une famine qui a obligé les habitants à manger leurs ânes ; ou “les brûle-femmes” car l’une d’elles fut brûlée vive après un procès en sorcellerie.
  • Entrecasteaux : “les misérables”, car les seigneurs prélevaient des impôts trop importants.
  • Figanières : “les faux-témoins”. Ce surnom fait suite à un procès en 1519 avec Callas au cours duquel les Figaniérois auraient fait preuve de mauvaise foi.
  • Forcalqueiret : “les traîtres”. Qualificatif hérité de celui qui était donné à leur seigneur, Hubert de Vins, au XVIe siècle. Lequel intentait sans arrêt des procès.
  • La Garde : “les mangeurs de grenouilles” à cause des marais et des inondations. Mais aussi les écraseurs d’oignons, car une fois les marais asséchés, cette culture s’est développée. Pour faire grossir les oignons, les paysans tordaient les tiges. Une foire à l’ail, aux oignons et au boudin rappelle cette époque. Elle aura lieu cette année le 28 août.
  • La Londe-les-Maures : “les pots de chambre”. L’histoire remonte à 1867 environ, avec la découverte de mines de plomb argentifères et de zinc au lieu-dit La Bormettes. Les ouvriers avaient un confort à la maison, tandis que les gens du village restaient pauvres.
  • Lorgues : “ils ont la noix”, parce que la fontaine de la Noix, construite en 1771, ne manquait jamais d’eau.
  • Le Luc : “les sauceurs de lampe à huile”, parce qu’après un gel en 1594, les oliviers moururent, ce qui entraîna une pénurie d’huile. Certains habitants en auraient volé dans les églises.
  • Mons : “lei mourre de pouarc”, à traduire par “les museaux de cochon”. C’est le nom qui était donné à une salade sauvage, servie avec des grives, qui a nourri les habitants après la peste de 1347.
  • Montauroux : “Les meurtris”, désignant la pénibilité de leur vie. Les paysans transportaient leurs outils pour travailler les champs dans la plaine.
  • Montfort-sur-Argens : “les chiens et chats” en raison des conflits entre habitants.
  • Nans-les-Pins : “les avares”. Les conditions de vie difficiles les obligeaient à tout économiser.
  • Ollières : “les mange-pies”. Ces oiseaux étaient leur seule nourriture en temps de disette.
  • Plan-d’Aups : “les matinaux”. Ceux qui exploitaient les glacières devaient se lever très tôt pour être les premiers à vendre la glace sur Marseille.
  • Plan-de-la-Tour : “les mauvais chiens”. Pas méchants mais tout le temps à grogner selon les communes voisines.
  • Le Puget-sur-Argens : “les mangeurs de lézards verts”, une nourriture quand il n’y avait rien d’autre à manger.
  • Puget-Ville : “les fouette-cochons”. Ainsi faisaient les habitants pour mener ces bêtes à l’abattoir de Carnoules.
  • Rougiers : “les fainéants”. Au XVIIe, le Rougiérois qui devait établir les frontières de la commune aurait mal fait son travail. Par fainéantise en ont conclu les villages alentour.
  • Saint-Mandrier : “les noyés”, à cause des courants forts autour de la presqu’île.
  • Saint-Raphaël : “les têtes de hareng”, exprime les retours de pêche bredouilles qui rendaient les pêcheurs peu aimables.
  • Saint-Tropez : “Les mangeurs de daube”. C’était le plat des dockers le soir après avoir passé la journée à embarquer les bouchons de liège des Maures, qui partaient dans le monde entier. La daube marinait toute la journée.
  • La Seyne : “les brûle-corne”, allusion aux maréchaux-ferrants très nombreux avec les premiers chantiers navals car les chevaux servaient à transporter les matériaux. Et l’odeur de la corne brûlée s’envolait très loin.
  • Sollies-Pont : “les brûle bon-Dieu”. L’église a été brûlée durant la Révolution.
  • Trans-en-Provence : “les pisseurs de piquette”. Le mauvais vin n’était pas très bon en plus coupé avec de l’eau.
  • Le Val : “les grosses têtes”. Ce quolibet visait les bourgeois qui allaient de Notre-Dame-de-Paracol vers le village, coiffés de grands chapeaux.
  • La Valette : “les voleurs de serrure”. La ville a abrité bien des évadés qui voulaient échapper au bagne de Toulon.
  • Varages : “lei manjo tripo pas lavado”. À traduire par les mangeurs de tripes pas lavées. Mais l’explication n’est pas parvenue jusqu’au XXIe siècle.
  • Vins-sur-Caramy : “les têtes de travers”, car pour lire l’heure sur le cadran solaire, il fallait que le regard évite les branches de platanes.

Source : Société d’études scientifiques et archéologiques de Draguignan, qui conserve ces trésors et notamment le livre d’Yvon Bouffier, Mémoires des villes et villages de Provence.

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Alain Cathala

Menhir des Lavagnes, Saint-Guilhem-le-Désert

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Les anoubles !

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Les razeteurs

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Gilles Barattini

L’espiègle mésange bleue !

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Passadoc !

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