La Gazette de Passadoc – N° 150

L'hebdo 150

Mais qui a eu cette idée folle…

Et si on créait un hebdo qui regrouperait les photos et les principales participations parues dans la semaine ?

Qui a eu cette idée folle ? Difficile à dire… Chacun de Passadoc a donné un bout d’avis,  un bout de projet, un morceau de conception, voire de philosophie ! Les “Si on faisait…” ont empli les messages, les écrans, les courriels… Et en janvier 2021, la belle aventure a commencé.

  • Les échos de la semaine
    Il est temps de faire la crèche…
    Souvenirs de vendanges
    Madame Pauline !
    Le provençal bientôt plus présent sur le Web ?
    Les cabines téléphoniques
    Mireille…
    Un quiz !

  • Passadoc
    Un leporello ? Quésaco ?

Il est temps de faire la crèche...

...conseille André qui ajoute :

“Je lui connais trois noms en provençal “la crecho”, il se peut que le mot vienne du français mais je n’en suis pas sûr. “la Grupi”, c’est-à-dire “la mangeoire”, référence à la Nativité dans l’étable.
Enfin “lou Belèn”, venu direct de la ville de Bethléem.”
Il doit en exister d’autres.
 
Il est temps aussi de sortir les santons !
Le mot français “santon”, vient du provençal “santoun” qui vient du napolitain “santibelli”. Les saints mineurs du calendrier catholique sont qualifiés chez moi de “santrounquets.”
François et les santons

La crèche…

Marie-Odile Beraud la prépare le 10 décembre et la décore avec de la mousse…
Chez Jean-Pierre Violino, tout commence également le 10 décembre !
Marie-Dominique Germain ouvre la boîte des santons dès le 4 décembre et agrémente sa crèche de tout petits cailloux et quelques petites feuilles mortes.

Claude Boyer se souvient :
Avec mon père, nous partions dans la forêt couper le sapin qui en vérité était un cade ; une fois enguirlandé, paré de boules multicolores et de son étoile du berger sommitale faisait parfaitement illusion.  Nous prélevions aussi de la mousse, à l’époque “l’écologie” n’avait pas encore été inventée.

Les crèches de mon enfance étaient très succinctes et se limitaient au strict minimum : Marie, Joseph, l’aï, lou buou et bien sûr le petit Jésus. Nous sommes une famille de parpaillots et si nous faisions une crèche c’était par tradition, “pour faire comme tout le monde”. Exit le rémouleur, le pistachié, le ravi et lou boumian. Et si nous faisions le repas avec les treize desserts, c’était par gourmandise !

Mais enfin, nous avions les cadeaux et c’était bien là le principal. Je garde de très bon souvenirs de ces Noëls en famille.

La Crécho, les Santibelli, je connaissais mais pas les Santrounquets, la Grupi et lou Belèn.

Photo Isabelle Isa
Photo J.M. - "Santons" de la Réunion !

Passadoc attend vos souvenirs et vos photos !

Souvenirs de vendanges

L’automne s’approche, les vignes roussissent, les grappes sont gonflées, c’est le moment de vendanger. 

Voici le temps du travail, de l’abondance et de l’amitié dans la vigne de Maracabre aux limites du terroir de Fayence. 

Cette vigne est dénommée Martial et se déploie en terrasses entre des murs de pierres sèches, le long de la draille qui conduisait les moutons de Roquebrune ou de Fréjus jusqu’à Séranon.

La suite de ce très beau texte – signé Geneviève Bresc – est à cette page.

Madame Pauline !

Nous avons parlé à sa fille. Elle nous a raconté plusieurs détails, notamment sur ses fameuses chaussures !

Hier soir, nous avons même retrouvé une vidéo de France 3 dans laquelle on la voit passer à deux reprises. Elle galope Pauline ! 

Merci encore à celles et ceux qui nous ont permis de la revoir.

Le provençal bientôt présent sur le "web" ?

François Abbe
Pour l’instant, ce n’est pas gagné !…
 
Pourtant, il est devenu simple de traduire d’une langue à une autre sur internet. Remercions l’intelligence artificielle. C’est en fait du “machine learning” ou comment l’algorithme apprend de ses erreurs. Seulement voilà, l’occitan semble être le grand absent.
 
On récapitule. Beaucoup sont plus calés que moi et pourront donner leur avis (avec le sourire !) :
L’occitan couvre tout le sud de la France (et même plus loin). L’occitan comporte 7 dialectes dont le provençal. Roumanille (et non Frédéric Mistral, merci André pour la correction) a inventé une graphie. Il y a donc deux façons d’écrire en provençal : classique et Mistralienne.
 
Le site www.abbe.photo (sur lequel on trouve déjà 149 Gazettes de Passadoc !) vient d’ajouter une fonctionnalité : la traduction automatique d’une langue à l’autre. Le logiciel nous permet choisir entre environ 120 langues. Jugez plutôt l’impressionnante liste. Mais un absent : l’occitan ou même un des dialectes comme le provençal. Pourtant le corse est dans la liste, le catalan aussi.
Nous avons donc écrit au développeur du logiciel pour lui poser la question. Affaire à suivre !
 
Voici donc la liste des langues qu’on pourrait choisir d’utiliser sur notre site. Accrochez-vous, il y a 136 langues possibles :
Afrikaans, Albanais, Allemand, Amharique, Anglais, Arménien, Azerbaïdjanais, Bambara, Basque, Bengali, Biélorusse, Birman, Bosniaque, Bulgare, Catalan, Cebuano, Chichewa, Chinois simplifié, Chinois traditionnel, Coréen, Corse, Croate, Danois, Espagnol, Espéranto, Estonien, Filipino, Finnois, Français, Frison occidental, Galicien, Gallois, Géorgien, Grec, Gujarati, Haïtien, Hausa, Hawaïen, Hébreu, Hindi, Hmong, Hongrois, Igbo, Indonésien, Inuktitut, Irlandais, Islandais, Italien, Japonais, Javanais, Kannada, Kazakh, Khmer central, Kirghize, Kinyarwanda, Kurde, Latin, Letton, Lituanien, Luganda, Luxembourgeois, Macédonien, Malais, Malayalam, Malgache, Maltais, Marathi, Mongol, Néerlandais, Népalais, Norvégien, Odia, Oromo, Ouzbek, Panjabi, Pashto, Persan, Philippin, Polonais, Portugais, Portugais brésilien, Roumain, Russe, Samoan, Serbe (cyrillique), Serbe (latin), Shona, Sindhi, Slovaque, Slovène, Sotho du Sud, Somali, Suédois, Swahili, Tagalog, Tahitien, Tamoul, Tatar, Tchèque, Télougou, Thaïlandais, Tibétain, Tigrinya, Tongan, Turc, Turkmène, Ukrainien, Urdu, Uyghur, Vietnamien, Xhosa, Yiddish, Yoruba, Zoulou.

Les cabines téléphoniques

Ça vous rappelle quelque chose ?
 
Il était une fois les annuaires et les cabines téléphoniques, remplacés par les ordinateurs et les téléphones portables.
Hélas, il existe des personnes qui ne possèdent ni ordinateur, ni téléphone portable et pour elles c’est dur.
Sans l’insistance de mon fils, je ferais partie de celles-là.
En me baladant, il m’arrive de trouver des cabines téléphoniques dans des hameaux ou en rase campagne, mais elles sont vides.
Je me souviens de queues devant une cabine, La belle époque des Trente Glorieuses, pas glorieuses pour tout le monde.”
André Abbe
 
Photo : Cabine téléphonique et annuaires dans le Var, en novembre 1980 – A. Abbe
 
 
Jeanne Monin
Ah ! les cabines téléphoniques !
 
Si aujourd’hui acheter un téléphone est aussi facile – mais plus coûteux certes ! – que d’acheter une baguette de pain, il n’en est pas de même dans les années 70/80 : si l’on n’est pas prioritaire (médecin, grand malade, etc.), il faut attendre plusieurs années après avoir fait la première demande aux PTT, devenus La Poste en 1959.
 
– Tu as connu ça ?
Eh oui… près des jeunes d’aujourd’hui qui naissent avec un “smartphone” greffé sur le dos de la main, on fait figure de dinosaure. Pour eux, la cabine téléphonique, c’est la cage de verre qu’on voit dans les vieux films, telle celle où se réfugie l’héroïne de “Les Oiseaux” d’A. Hitchcock (1963).
 
Elle a quasiment disparu de nos paysages urbains et il ne resterait que 14 cabines fonctionnant encore dans les “zones blanches”.
Cela dit, peu d’entre nous sont réellement nostalgiques des téléphones à fil et à cadran !
 
 

Claude Boyer
Évidemment que ça rappelle des souvenirs.
La cabine téléphonique est aux jeunes d’aujourd’hui ce que le “22 à Asnières” fut pour nous. Et pourtant il nous semble que c’était hier.
Aujourd’hui on les transforme en bibliothèques des rues.

Je me souviens d’un jour où muni de mes pièces de 1 F j’allais téléphoner ; une dame entre dans la cabine juste devant moi.
En attendant qu’elle ressorte j’observe son manège.
 
Elle enfile d’abord une paire de gants, puis elle sort de son sac un pulvérisateur avec lequel elle projette un liquide sur le combiné, vraisemblablement un alcool désinfectant, puis elle sort un paquet de mouchoirs en papier avec lesquels elle l’essuie soigneusement, observe le mouchoir souillé par le résultat de son ménage et esquisse une moue de dégoût.
 
En fait c’est elle qui avait raison ; quand on sait les bactéries présentes dans toutes ces bouches dont les lèvres se sont collées contre le combiné. Et pourtant je n’ai pas souvenir d’une épidémie d’herpès, d’aphtes, de mycoses ou autres boutons de fièvre déclenchée par l’usage du téléphone public.
 
Ainsi ce jour-là, passant juste derrière elle j’ai bénéficié d’un combiné stérilisé avec soin.
 
 

Marie Martin
En campagne, avant la cabine, il n’y avait qu’un téléphone, au café du village, et s’il fallait appeler le médecin en urgence – oui, à cette époque ils se déplaçaient la nuit – alors il fallait réveiller le cafetier…

Il demandait le numéro, mettait le compteur temps en route, faisait le numéro et ensuite il calculait le prix à payer en fonction de la zone d’appel… Parfois appeler 5 minutes à 5 km revenait plus cher que d’appeler 10 minutes à 20 kilomètres…
 
Et en plus le village était au courant de tout !
 

Mireille...

Deux fois par jour, elle passait devant la Maison Abbe : chaque matin, elle ouvrait l’église, et chaque soir, elle la fermait.

Décembre 2022, nous avons échangé quelques mots et Mireille a accepté d’être photographiée. Il était 8 heures du matin… Non, Mireille n’avait pas passé des heures à se préparer. Inutile, elle était parfaite, spontanée : les clés de l’église d’une main, de l’autre le cabas avec une baguette de la boulangerie de la Grand Rue. (un autre lieu où nous nous croisions, avec le snack de Didou).

Mireille nous a quittés il y a quelques mois mais elle fait à jamais partie de nos souvenirs.

Texte et photo François Abbe

Un quiz !

Maryse Laugier l’a demandé : le quiz est arrivé !
Maryse nous suit depuis le début. La page Facebook de Passadoc a été créée en mai 2015, et Maryse était déjà active. Souvent, lorsqu’il y avait un seul commentaire sur une publication, c’était celui de Maryse.

Depuis, vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire, à commenter et à nous encourager. Nos publications sont un travail considérable pour l’équipe de bénévoles. Vos commentaires, likes et partages sont une belle récompense. Une autre récompense, c’est la bienveillance dans vos commentaires. Vous gardez le sourire, même quand les temps sont difficiles. Donc, un éternel merci à vous !
François Abbe

Un leporello ? Quésaco ?

Leporello… c’est le valet admiratif de  Don Giovanni*, un maître manipulateur et  persécuteur.

C’est aussi “un type de reliure, une manière de plier les pages d’un livre de telle sorte qu’il s’ouvre en accordéon”**.

Ces livres sont parfois minuscules, au point de se ranger dans une boîte d’allumettes.
– Un des plus petits livres  en accordéon était le Livre-Étalon de Robert Filliou, publié par Dieter Roth en 1981. Plié, il mesurait à peine 4x4 cm mais, comme le mètre pliant de menuisier dont s’inspira son créateur, il atteignait 70 centimètres lorsqu’il était ouvert !

Magie du leporello ! Plié, celui de Passadoc est un 12×18 et déplié, un 108×18 !

*  Opéra de Mozart.
** Réf. : Peter Downsbrough – Bernard Villers – Hamish Fulton

  • Sont cités dans La Gazette :
    André Abbe
    François Abbe
    Marie-Odile Beraud
    Claude Boyer
    Marie-Dominique Germain
    Maryse Laugier
    Marie Martin
    Jeanne Monin
    Jean-Pierre Violino

  • Rédactrice en chef :
    Jeanne Monin

Passadoc