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La Gazette de Passadoc – N° 75

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  • Les QUIZ !
  • On raconte un peu… beaucoup… passionnément !
    Vous avez dit solidarité ?… La révolte des vignerons… L’enfant sauvage… Les Blancs, hameau du village de Tartonne… Sur le plateau de Ferrassières… Le Fort de Brégançon… L’Édit de tolérance… Jacques Genthial, le père de la police technique et scientifique… René Char… Catherine Dior
  • Vagabondages… Des images… des mots… de la musique…
  • Photos d’hier
  • La bibliothèque de Passodoc

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André et François Abbe

Le marché…

Photo André Abbe 1970

Draguignan… Sur la petite place, les femme sont en châle… les hommes bavardent… Sous le regard du Baron d’Azemarles, les poireaux, les salades, les carottes attendent… et le solex aussi tout comme le vieux fourgon…

Giselle Penat-Laborde

Que de souvenirs de ces années 60-70 !
Interne au lycée d’État de jeunes filles/ lycée Jean Moulin, de sept 1962 à juin 1969, j’ai bien connu ce marché … déjà dans les années 50-60 car nous allions en famille régulièrement à Draguignan et en profitions souvent pour faire un tour sur le marché.
Devenue dès lors depuis quelques années dracénoise à part entière, je reste une fidèle du marché, même s’il a beaucoup changé …

J’avais encore des piles de cageots/cagettes et plateaux, il y a encore quelques années, dans les remises de la maison familiale à Roquebrune. J’en avais “customisé” quelques-uns, beaucoup donné de droite et de gauche à des agriculteurs voisins, qui en faisaient encore bon usage …
Un wagon de “madeleines de Proust” qui “déferlent” en voyant les fichus que portait ma mémé.

Sous les platanes… – Photo Provence Guide

Jeanne Monin

… les dames avec leur châle… et leurs jupes ! car le port du pantalon ne sera féminin qu’un peu plus tard…
Et puis les cageots ovales en bois aujourd’hui remplacés par les cagettes en plastic.
Si les étals sont toujours aussi colorés, les commerçants sont devenus presque sages… Le légumier, le poissonnier ne vantent plus à voix de stentor la fraîcheur de leurs marchandises…
Pour la gamine que je fus, aller au marché avec Maman, c’était à la fois corvée et plaisirs…
Plaisirs… celui d’être avec elle, celui de prendre son temps, celui des couleurs, celui des odeurs… Et corvée car il fallait revenir à l’appartement parisien, grimper les étages avec au bout des bras, les cabas lourds de légumes et de fruits ! Les sacs à roulettes ne viendront que plus tard…

Le marché de “Mon Oncle” – Jacques Tati 1958

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Claude Boyer

Vous avez dit solidarité ?

Le 31 juillet 1929, le village de Saint-Étienne-de-Tinée dans les Alpes Maritimes au pied du col de la Bonette est la proie des flammes.

L’incendie est circonscrit le lendemain mais il a quand même détruit la moitié du village, soit 95 bâtiments dont 80 rendus totalement inutilisables.

Par chance aucune victime n’a été déplorée mais 400 villageois se sont retrouvés sans logement. D’autres ont dû s’installer dans les granges environnantes, certains même dans un couvent désaffecté.

Clic ! La suite du récit est à cette page.

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La révolte des vignerons

Depuis le milieu du XIX° siècle, le  Gard, l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales ont transformé en superbes vignobles les plaines arides qui bordent le golfe du Lion, si bien que la production annuelle de vin ne cesse d’augmenter.

Mais…

Clic ! “Avoir tant de bon vin et pas pouvoir manger du pain”

Cécile Arnaud ajoute…

Clemenceau […] fait emprisonner Ferroul et les membres du comité viticole d’Argeliers, à Montpellier…

Monde Histoire Patrimoine

Marcelin Albert, cultivateur, portant “un pardessus, un chapeau de feutre noir et un complet de drap”,
s’est présenté au greffe de la Maison d’arrêt le 26 juin 1907, accusé “de provocation à un crime”.
Il sera également relâché le 2 août 1907.

Monde Histoire Patrimoine

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L’enfant sauvage

Victor l’Aveyronnais
C’est dans le Tarn qu’on en entend parler pour la première fois dans la région de Castres. Durant l’hiver 1797, une rumeur se met à parcourir tout le village se répandant comme une trainée de poudre dans tout le canton : on a vu un enfant d’une dizaine d’années, hirsute, marchant à quatre pattes, qui vit au milieu des bêtes et a une balafre en travers de la gorge, il mange des glands, des châtaignes, des racines, et grimpe aux arbres comme un écureuil.
Joseph le Malien
Joseph a trois ans lorsqu’il disparaît. Tout le village part à sa recherche, on sonde les puits et les crevasses du sol, on fouille la brousse aux alentours, un enfant de trois ans n’a pu aller bien loin l’alerte ayant été rapidement donnée, mais rien, Joseph reste introuvable.
Les parents font leur deuil, les années passent… et, six ans plus tard, ils apprennent que le chasseur d’un village voisin a capturé un enfant dans la brousse. Immédiatement ils s’y rendent et en effet ils retrouvent leur fils qui a maintenant une dizaine d’années.

Clic… Les deux histoires sont à cette page.

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Marie-Odile Beraud

Les Blancs, hameau du village de Tartonne

Les plus belles vacances de mon enfance…
La première mention écrite de Tartonne remonte à 1199 mais le bourg castral, qui était perché plus haut, est probablement plus ancien. Les seigneurs qui portaient alors le nom de Tartonne étaient sous la domination des barons de Castellane, avant de passer, en 1226, sous celle de Charles d’Anjou, comte de Provence. Depuis le Moyen Âge, l’habitat est éparpillé sur le territoire en plusieurs hameaux dont le plus important, Plan de Chaude, apparu au 16e siècle, fait aujourd’hui office de chef-lieu.

Clic ! La suite de l’histoire…

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Sur le plateau de Ferrassières

Dominant les vastes étendues du plateau d’Albion et baigné par une exceptionnelle luminosité, ce village de producteurs drômois entouré de champs de lavande a fait de la culture de bouquets sa spécialité. En bordure du plateau d’Albion, ce village situé à près de 1 000 mètres d’altitude, est entouré de champs de lavande souvent délimités par des amandiers et des tilleuls.
Ici vous découvrirez d’étranges constructions en pierre sèches appelées bories ou bergeries qui servaient d’abris aux troupeaux et à leurs bergers.
Afin d’être au plus près de cette nature authentique, le sentier botanique des lavandes qui se parcourt à pied comblera les curieux tout comme les amoureux de beauté paysagère en quête de silence.

À Ferrassières, la culture de bouquets de lavande prédomine. Parmi les nombreuses exploitations lavandicoles, deux d’entre elles vous ouvrent leurs portes afin de partager leur savoir-faire. La fête de la lavande célébrée chaque année le 1er dimanche de juillet marque le début des festivals en Provence consacrée à cette plante emblématique.

Enfin, si vous empruntez la route du col de l’Homme Mort, marquez un arrêt au belvédère pour contempler un superbe panorama sur le lumineux plateau d’Albion, la naissance des gorges de la Nesque et sur la face Nord du Mont Ventoux.

Voilà mes amis une balade qui ne manque ni de couleur, ni de doux parfum.
Je vous souhaite une très belle journée avec du soleil plein la tête et le cœur, et de belles découvertes lors de vos balades … soyez prudents les chaleurs sont accablantes … chapeau et bouteille d’eau obligatoires et évitez de sortir aux heures les plus chaudes.

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Philippe Levieux

Le Fort de Brégançon

Les présidents de la Ve République et le fort

Le général de Gaulle ne passe qu’une nuit (épouvantable à cause des moustiques et d’un lit trop petit) au fort de Brégançon au moment de la commémoration du débarquement de Provence le 25 août 1964. Sans avoir beaucoup apprécié le fort, il lui donne le statut de résidence présidentielle en 1968, notamment pour recevoir des chefs d’État étrangers dans le sud (ce qu’aucune préfecture ne permettait) et plus particulièrement les hôtes méditerranéens dans le contexte politique tendu de la décolonisation. Pierre-Jean Guth, architecte de la Marine nationale, grand prix de Rome, transforme le fort en une résidence agréable tout en respectant ce qui reste de la vieille forteresse.

Affectionnant le site, Georges Pompidou ouvre les portes du fort aux médias et les fait entrer dans l’intimité présidentielle. Il fait de Brégançon la résidence des présidents de la Ve République au même titre que le château de Vizille pour les présidents de la IVe République. Il y fait venir des artistes et des designers comme Pierre Paulin pour revoir l’ameublement.

  • Valéry Giscard d’Estaing apprécie le fort Brégançon et instaure une filiation avec ses prédécesseurs en y séjournant de nombreuses fois. Il y donne l’image dynamique d’un président jeune et y vient en famille.
  • À l’inverse, François Mitterrand n’aime pas particulièrement le fort. Toutefois, à partir de 1986, il y réside pour des réunions de travail : il y reçoit les grévistes de la SNCF au début de l’année 1987 et deux chefs d’État étrangers, le premier ministre irlandais Garret Fitzgerald et le chancelier allemand Helmut Kohl.
  • Jacques Chirac apprécie spécialement le fort car il est attaché au Var où il a vécu enfant. De plus, en séjournant au fort, il s’inscrit dans la filiation de son mentor : Georges Pompidou. Enfin, sa femme Bernadette s’attache également à la région et devient la présidente du Corso fleuri de Bormes-les-Mimosas. Le 16 août 2004, le président y reçoit le président algérien Abdelaziz Bouteflika.
  • Nicolas Sarkozy passe du temps au fort et y reçoit notamment Condolezza Rice, spécialiste de la Russie soviétique, lors de la gestion du conflit russo-géorgien en août 2008.
  • François Hollande n’éprouve pas d’attachement particulier pour le fort, c’est pourquoi il désactive la résidence présidentielle et ouvre le site au public en confiant sa gestion au Centre des Monuments nationaux.
  • Tout en laissant le fort accessible aux Français, Emmanuel Macron choisit de le réactiver régulièrement notamment lors de séjours estivaux qui sont autant l’occasion de se reposer en famille que d’organiser des réunions de travail, à l’instar de la visite de la première ministre britannique Theresa May en août 2018, de celle du président russe Vladimir Poutine en août 2019 à la veille du G7 de Biarritz ou encore de celle de la chancelière Angela Merkel à l’été 2020.

Les commentaires proviennent du site elysée.fr.

Bormes-les-Mimosas – Var.

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Alain Cathala

L’Édit de tolérance

L’Édit de tolérance des non catholiques du mois de novembre 1787, un acte majeur pour le Languedoc.
[…] En jetant aux oubliettes l’héritage de Louis XVI, on a volontairement passé sous silence l’édit de tolérance qu’il signa en novembre 1787 et qui, deux ans avant la Révolution Française, accordait aux Protestants du Royaume, un état civil.

Il faut rappeler que jusqu’à cette date, du moins depuis 1685, seuls les mariages célébrés devant l’autel de l’église apostolique romaine, religion officielle du royaume, étaient valables. Ceci, comme on peut s’en douter, n’était pas sans poser de difficultés pour les héritages et les transferts de propriétés dans les familles protestantes. Ainsi, tous les mariages célébrés au Désert étaient sans valeur juridique et les enfants, nés de ces unions, non portés sur les registres paroissiaux de baptême tenus par les serviteurs de l’Église de Rome, n’avaient pour ainsi dire aucune existence légale et pouvaient être exclus des successions, au grand contentement de cousins et parents restés dans la bonne religion.

C’est par cette reconnaissance d’un lien matrimonial que les nombreuses familles protestantes qui vivaient dans une pseudo clandestinité purent réellement trouver droit de cité. Ce document leur assure en effet le droit de mener une existence paisible dans le royaume de France, sans pouvoir y être d’une quelconque façon discriminé sous le prétexte de leur Religion. Cet édit ne leur accordait toutefois pas une totale égalité avec les catholiques. Ils demeuraient exclus des charges d’État, tout comme des professions militaires.

La ratification de cet édit était le résultat d’un long processus qui avait débuté vers la fin des années 1760 et qui cherchait à assurer une reconnaissance légale aux “non-catholiques”. Cette avancée doit être reliée à deux hommes : le général de La Fayette et à un languedocien, lié à Nîmes et Montpellier familialement, le pasteur Rabaud de Saint-Étienne, mais aussi au ministre Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes. Ces trois hommes militaient sans relâche pour une émancipation des protestants.

L’esprit des Lumières, qui avait rayonné jusqu’aux États-Unis, et qui avait été porté par l’Encyclopédie, les guidait dans ce désir. La France, pays où elles étaient nées, se devait d’être tolérante.

Il faut cependant préciser que cet édit n’octroyait pas la reconnaissance officielle des mariages au Désert, mais elle offrait à ceux qui s’étaient mariés devant un pasteur, la possibilité de déclarer cette union devant un juge royal ou devant le curé de la paroisse qui se devait de l’enregistrer en tant qu’officier de l’état civil. Il en était de même pour les naissances et les décès… C’est ainsi qu’on assista dans les premiers mois de l’année 1788, à un grand nombre de déclarations d’unions protestantes et de reconnaissances d’enfants qui étaient jusqu’alors considérés comme illégitimes.

Cet édit fut validé deux mois après par le Parlement qui rappela toutefois que la religion catholique demeurait la religion officielle du royaume. Il fallut attendre la Révolution pour que les Protestants puissent de façon officielle occuper des fonctions publiques, entrer dans l’armée ou enseigner. Ce ne fut réellement qu’avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 et par une loi constitutionnelle du 24 décembre de la même année que fut accordée de façon pleine et entière la liberté de conscience au peuple français… De là s’écriront toutes les histoires du 19ème et 20ème siècle, notamment celle de la laïcité…

Texte de Fabrice Bertrand

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Jean Paul Pourade

Jacques Genthial… le père de la police technique et scientifique

Il avait été mon patron avant de devenir un ami.
[…] Né le 3 février 1938 à Rodez en Aveyron, après de études secondaires au lycée Foch et à l’Institution Sainte-Marie de Rodez, une maîtrise en droit à l’Université de Montpellier et un DES Sciences Économiques, Jacques Genthial était entré dans la police le 16 mai 1965, il y a exactement 57 ans après avoir réussi le concours de Commissaire.

Il avait gravi tous les échelons de la Police Judiciaire de Commissaire adjoint en Commissariat, puis patron de la mythique Brigade Criminelle avant d’atteindre les plus hautes fonction de directeur central de la Police Judiciaire en 1995. Mais il laissera son nom dans l’histoire de la Police Judiciaire en tant que fondateur de la police scientifique moderne.

C’est sous l’impulsion de Pierre Joxe [ministre de l’Intérieur et de la Défense de François Mitterrand] – qui avait ressorti des cartons (où des mains peu avisées l’avait classé), le projet de création d’une Sous – Direction de Police Scientifique moderne élaboré par Jacques Genthial – que la Police Judiciaire a fait un pas de géant dans la résolution des enquêtes judiciaires les plus compliquées. La création du Fichier Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG) avec le fichage systématique de l’ADN des criminels sexuels notamment, la modernisation du matériel chargé, sur le terrain d’effectuer des constatations techniques, les prélèvements et la collecte des traces et indices, ainsi que dans le développement des nombreux fichiers et logiciels utilisés par les services d’enquête.

[…] Jacques Genthial n’avait pas oublié le terroir de son enfance et se réfugiait souvent dans sa maison des Bruhnes prés de Bozouls où il faisait découvrir à ses invités les mœurs et coutumes des paysans aveyronnais. C’est ainsi qu’il prenait grand plaisir à emmener ses visiteurs les plus célèbres à la Ferme fortifiée de Seveyrac de son ami Jean Yves Rieucau où il avait notamment démontré à Pierre Joxe la richesse du savoir-faire des éleveurs de la race Aubrac qui ont fait de leur pays un terroir économiquement fiable et aujourd’hui reconnu internationalement.

En donnant un sens à sa vie, Jacques Genthial a donné un sens à sa mort… aurait écrit Saint-Exupéry.

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Philippe Natalini

René Char

Poète français, combattant en 1940, résistant en 1942, passé au maquis en 1943, c’est l’un des responsables de la Résistance dans les Basses-Alpes.
Sous le nom de “Capitaine Alexandre”, il commande le Service action parachutage de la zone Durance et installe son QG à Céreste. Après la guerre, René Char [1907-1988] rendit hommage aux habitants de Céreste (Alpes-de-Haute-Provence) qui avaient à plusieurs reprises aidé le groupe de résistants qu’il commandait.
Le 29 juin 1943, à 5 heures du matin, Céreste est investi par les SS et la Milice Extraits des Feuillets d’Hypnos :

Céreste, 29 juin 1943
Le boulanger n’avait pas encore dégrafé les rideaux de fer de sa boutique que déjà le village était assiégé, bâillonné, hypnotisé, mis dans l’impossibilité de bouger. Deux compagnies de SS et un détachement de milic
iens le tenaient sous la gueule de leurs mitrailleuses et de leurs mortiers. Alors commença l’épreuve.

Les habitants furent jetés hors des maisons et sommés de se rassembler sur la place centrale. Les clés sur les portes. Un vieux, dur d’oreille, qui ne tenait pas compte assez vite de l’ordre, vit les quatre murs et le toit de sa grange voler en morceaux sous l’effet d’une bombe. Depuis quatre heures j’étais éveillé. Marcelle était venue à mon volet me chuchoter l’alerte. J’avais reconnu immédiatement l’inutilité d’essayer de franchir le cordon de surveillance et de gagner la campagne. Je changeai rapidement de logis.

La maison inhabitée où je me réfugiai autorisait, à toute extrémité, une résistance armée efficace. Je pouvais suivre de la fenêtre, derrière les rideaux jaunis, les allées et venues nerveuses des occupants. Pas un des miens n’était présent au village. Cette pensée me rassura. À quelques kilomètres de là, ils suivraient mes consignes et resteraient tapis. Des coups me parvenaient, ponctués d’injures. Les SS avaient surpris un jeune maçon qui revenait de relever des collets. Sa frayeur le désigna à leurs tortures. Une voix se penchait hurlante sur le corps tuméfié : “Où est-il ? Conduis-nous”, suivie de silence. Et coups de pied et coups de crosse de pleuvoir.

Une rage insensée s’empara de moi, chassa mon angoisse. Mes mains communiquaient à mon arme leur sueur crispée, exaltaient sa puissance contenue. Je calculais que le malheureux se tairait encore cinq minutes, puis, fatalement, il parlerait. J’eus honte de souhaiter sa mort avant cette échéance. Alors apparut jaillissant de chaque rue la marée des femmes, des enfants, des vieillards, se rendant au lieu de rassemblement, suivant un plan concerté. Ils se hâtaient sans hâte, ruisselant littéralement sur les SS, les paralysant “en toute bonne foi”. Le maçon fut laissé pour mort. Furieuse, la patrouille se fraya un chemin à travers la foule et porta ses pas plus loin. Avec une prudence infinie, maintenant des yeux anxieux et bons regardaient dans ma direction, passaient comme un jet de lampe sur ma fenêtre. Je me découvris à moitié et un sourire se détacha de ma pâleur. Je tenais à ces êtres par mille fils confiants dont pas un ne devait se rompre. J’ai aimé farouchement mes semblables cette journée-là, bien au-delà du sacrifice.

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Catherine Dior…

Saviez-vous que le nom de l’emblématique parfum de la maison Dior était inspiré d’une authentique résistante azuréenne ? Catherine Dior, la sœur de Christian, a inspiré le nom donné au célèbre parfum.

Pour son premier défilé, Dior décide de parfumer les salons du show de la fragrance qu’il vient de créer avec Paul Vacher. Mais quel nom lui donner ? Mitzah Bricard, muse du couturier, fait les cent pas dans l’atelier quand la porte s’ouvre. C’est Catherine, la sœur de Christian.
Tiens, voilà Miss Dior ! s’exclame Mitzah. Ainsi sera baptisé le parfum.

Ce que l’on sait moins, c’est l’épopée de Catherine Dior. Nous sommes en novembre 1941. Catherine est à Cannes. Dans un magasin, elle rencontre Hervé des Charbonneries. C’est le coup de foudre immédiat. Catherine épouse les convictions de son compagnon et entre dans la Résistance.

Hubert, le fils d’Hervé, raconte ainsi ses souvenirs à la maison Dior :
Mon père appartenait à un réseau franco-polonais de la Résistance qui agissait dans la zone Sud sous la tutelle de l’amiral Trolley de Prévaux. Ce réseau avait pour mission de fournir un maximum d’informations sur ce qui se passait en zone Sud. Catherine tapait les rapports à la machine avant leur envoi à Londres. L’amiral Trolley de Prévaux est arrêté à Marseille en août 1944. Le réseau est en danger. C’est la fuite.

Catherine loge parfois chez Christian qui ne sait rien de ses activités. Le 6 juillet 1944, elle a rendez-vous place du Trocadéro avec une amie de son réseau. Mais ce sont deux membres de la Gestapo qui se présentent. Torturée, elle ne livrera jamais le nom de ses camarades. Elle est déportée le 15 août 1944 dans le dernier train pour Ravensbrück. Durant neuf mois, la famille n’aura aucune nouvelle. Le 28 mai 1945, enfin, elle rentre en France, marquée à jamais.

Miss Dior, cette éternelle discrète, sera durant douze ans commissionnaire en fleurs. Fière de la réussite de son frère, elle préfèrera rester loin du luxe et des strass. Elle s’est éteinte le 17 juin 2008 dans sa maison de Callian (Var) au milieu de ses vignes et de son jardin qu’elle aimait tant, à l’âge de 91 ans.

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Alain Cathala

Cordes-sur-Ciel

Ambiance médiévale… l’ascension se fait à pied, à travers les ruelles escarpées.

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La Couvertoirade

Le moulin !

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Arles… les arènes romaines

… et les mosaïques du musée départemental

Photos Sylvie Barbaroux [public]

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Guy Bouyer

Valensole

… dans les Alpes-de-Haute-Provence

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Laure Mdepartlà

Les feux de la Saint-Jean

… à Montalban en Occitan

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Giselle Penat-Laborde

Vagabondages… dans le dictionnaire

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La fête de la Saint-Jean – Bazas [Gironde]

Clic… Musique !

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Alain Cathala

Montpellier 1907

Défilé des délégations de vignerons à travers la ville.

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EN VENTE ICI !

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